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L’Espagne appelle à rompre l’accord d’association avec l’entité sioniste : Sanchez interpelle l’Europe

Pendant que le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez annonçait dimanche sa décision de soumettre mardi à l’Union européenne une proposition de rupture de l’accord d’association avec l’entité sioniste, le bilan de l’agression génocidaire contre Ghaza atteignait 72 551 martyrs. C’est lors d’un meeting électoral en Andalousie que Sanchez a lâché cette annonce à forte charge politique. « Ce mardi, le gouvernement espagnol soumettra à l’Europe une proposition visant à ce que l’Union européenne rompe son accord d’association avec Israël », a-t-il déclaré, martelant qu’un gouvernement « qui viole le droit international ne peut être partenaire de l’Union européenne ». Avant d’ajouter, lapidaire : « C’est aussi simple que cela. » Une prise de position qui, si elle se concrétise au niveau européen, constituerait un tournant historique dans les relations entre Bruxelles et Tel-Aviv, et donnerait une traduction institutionnelle à une indignation qui monte depuis des mois sur le continent.

Car pendant que les diplomates débattent, les chiffres de la mort continuent d’enfler. Selon les autorités sanitaires palestiniennes, l’agression sioniste contre la bande de Ghaza a fait depuis le 7 octobre 2023 pas moins de 72 551 martyrs et 172 274 blessés, en majorité des femmes et des enfants. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 775 Palestiniens supplémentaires sont tombés en martyrs, 2 171 autres ont été blessés, et les corps de 761 victimes ont été récupérés des décombres — de nombreuses autres dépouilles restant encore enfouies sous les ruines. La répression ne se limite pas à Ghaza. En Cisjordanie occupée et à El-Qods, le Club des prisonniers palestiniens a recensé dimanche plus de 23 000 arrestations depuis le début de l’agression, dont 1 800 enfants et plus de 700 femmes. Parmi les personnes arrêtées figurent également plus de 240 journalistes, dont 43 demeurent toujours en détention. Le rapport de l’organisation décrit un système de répression systématique : torture, passages à tabac sévères, menaces contre les détenus et leurs familles, confiscation de biens, destruction des habitations, et exécutions sommaires ciblant parfois des proches des détenus. Les camps de Tulkarm et de Jénine ont été particulièrement frappés par ces campagnes de destruction méthodique des infrastructures.

Pendant ce temps, l’entité sioniste continue de mettre la communauté internationale devant le fait accompli en Cisjordanie. Le Bureau palestinien de la défense des terres et de la résistance aux implantations a dénoncé samedi l’annonce de 34 nouvelles colonies, qui s’ajoutent aux 68 récemment approuvées, portant l’offensive coloniale à des niveaux sans précédent. Ces nouvelles implantations, réparties entre les gouvernorats de Jénine, Ramallah, Al-Bireh, Salfit, Naplouse et Tulkarem, visent selon le Bureau à « compromettre définitivement les chances de création d’un État palestinien », dans un contexte d’escalade coloniale qualifiée d’inédite dans son rythme et son ampleur.

Face à cette réalité, la démarche de Sanchez résonne comme un signal politique fort, même si son issue au sein d’une Union européenne divisée reste incertaine. Elle traduit néanmoins une évolution tangible des rapports de force diplomatiques, et rappelle que l’impunité dont bénéficie l’entité sioniste depuis des décennies commence, lentement mais sûrement, à se fissurer.

L.S.

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