Sur fond d’escalade en Palestine occupée et au Liban : Meloni suspend l’accord de défense avec l’entité sioniste
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a annoncé mardi que Rome suspendait le renouvellement automatique de l’accord de défense liant l’Italie à l’entité sioniste. Une décision qui intervient dans un contexte de pression internationale croissante, alors que le bilan de l’agression génocidaire contre la bande de Ghaza atteint désormais 72.336 martyrs et 172.213 blessés depuis le 7 octobre 2023. « Compte tenu de la situation actuelle, le gouvernement a décidé de suspendre le renouvellement automatique de l’accord de défense », a déclaré Giorgia Meloni en marge d’un déplacement à Vérone, selon des propos rapportés par les agences de presse italiennes ANSA et AGI. Ratifié en 2006 et reconduit tacitement tous les cinq ans, cet accord arrivait précisément à son terme ces jours-ci. En refusant sa reconduction automatique, Rome rompt avec une posture de complaisance qui avait jusqu’ici caractérisé sa relation sécuritaire avec l’occupant. La veille, le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani avait, lors d’une visite à Beyrouth, condamné les « attaques inacceptables » de l’entité sioniste contre des civils libanais, confirmant une inflexion sensible du discours officiel italien.
Cette décision romaine intervient au moment où la communauté internationale prend progressivement conscience de l’ampleur des crimes perpétrés. À Ghaza, les autorités sanitaires palestiniennes ont communiqué mardi un nouveau bilan accablant : 72.336 martyrs et 172.213 blessés, en majorité des femmes et des enfants. Au cours des dernières 24 heures, les corps de trois martyrs supplémentaires et onze blessés ont été acheminés vers les hôpitaux, tandis que de nombreuses victimes demeurent encore ensevelies sous les décombres. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 757 Palestiniens sont tombés en martyrs et 2.111 autres ont été blessés, et les corps de 760 martyrs ont pu être récupérés — autant de chiffres qui témoignent d’une violence qui ne s’est jamais véritablement tue. Pendant ce temps, en Cisjordanie occupée, l’étau ne cesse de se resserrer. Le Haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme (HCDH) a exprimé lundi sa vive préoccupation face à l’approbation par l’entité sioniste de 34 nouvelles colonies en Cisjordanie, soit le nombre le plus élevé jamais approuvé en une seule fois. « Cela poursuit la nette tendance à la hausse de la construction illégale de colonies qui étend et consolide l’annexion par l’entité sioniste du territoire palestinien occupé », a averti le bureau onusien. Le HCDH a lancé un appel immédiat, exigeant de l’occupant qu’il cesse « l’établissement et l’expansion des colonies », évacue tous les colons et mette fin à l’occupation. Le président du Conseil national palestinien, Rouhi Fattouh, avait de son côté qualifié cette décision de « dangereuse escalade » et de « violation flagrante et grave » du droit international, des Conventions de Genève et des arrêts de la Cour internationale de Justice, qui considèrent la colonisation comme un crime de guerre.
Sur le terrain, la répression se poursuit sans relâche. Une vaste campagne d’arrestations a été menée mardi en Cisjordanie par les forces de l’occupation sioniste. À El Qods occupée, six civils ont été appréhendés. À Ramallah, deux personnes supplémentaires, dont un enfant, ont été interpellées à la suite de descentes dans différents quartiers, selon l’agence de presse palestinienne WAFA. Dans la ville de Tubas et le village de Tayasir, trois hommes ont également été arrêtés. C’est à Balaa, à l’est de Tulkarem, que la répression a pris les proportions les plus alarmantes : des dizaines de jeunes ont été arrêtés lors d’une vaste incursion militaire, au terme de perquisitions minutieuses menées de maison en maison. Ils ont été conduits à pied, mains liées et yeux bandés, vers une caserne militaire. Face à la violence de l’opération, toujours en cours en fin de journée, la direction de l’éducation locale a décidé de suspendre les cours dans les écoles au profit de l’enseignement à distance, pour préserver la sécurité des élèves.
L.S.

