Affaire Imetal : L’ex-ministre Ali Aoun condamné à cinq ans ferme et placé en détention immédiate
Le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed a rendu lundi matin ses verdicts dans l’affaire « Imetal », du nom du complexe industriel au cœur du dossier. À dix heures précises, le président de la juridiction a énoncé les délits retenus contre chaque prévenu avant de prononcer les peines, mettant un terme à une procédure judiciaire très suivie impliquant notamment un ancien membre du gouvernement.
Ali Aoun, ex-ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, a été condamné à cinq ans d’emprisonnement ferme assortis d’une amende d’un million de dinars. Le tribunal a ordonné son placement immédiat en détention à l’issue de l’audience. Son fils, Mehdi Aoun, écope de six ans de prison ferme et d’une amende de 200 000 dinars.
Les peines les plus lourdes ont été prononcées contre Abdennour A., alias « Nounou Manita », et l’investisseur Sami Bouguettaya, tous deux condamnés à dix ans de prison ferme et un million de dinars d’amende. L’ex-directeur général de l’entreprise Fondal, Nour Eddine S., et le l’exPDG du complexe Sider El Hadjar, Karim B., ont chacun écopé de trois ans ferme et d’un million de dinars d’amende. Mohamed Cherfaoui, opérateur économique, et Abdelhalim El Kouara, président d’un club équestre, ont quant à eux été condamnés à cinq ans ferme et un million de dinars d’amende.
Le tribunal a en revanche prononcé la relaxe totale de plusieurs prévenus : l’ancien président de la Fédération algérienne de football Charaf Eddine Amara, le directeur commercial d’un concessionnaire automobile, ainsi que des gérants de sociétés pharmaceutiques, Abdelkader Amraoui et Mohamed Habès. Tous ont vu lever la mesure de contrôle judiciaire qui pesait sur eux et leurs passeports leur ont été restitués. Le tribunal a également imposé à chaque condamné le versement d’un million de dinars supplémentaire au Trésor public, tandis que la société mise en cause devra s’acquitter de cinq millions de dinars à titre de dommages et intérêts.
Malik Meziane

