L’OMS félicite l’Algérie pour l’élimination du trachome : Une quatrième victoire sanitaire !
L’Organisation mondiale de la santé a officiellement certifié, le 17 avril, que l’Algérie avait éliminé le trachome en tant que problème de santé publique. La nouvelle, annoncée mardi par le ministère de la Santé, place le pays dans un cercle encore restreint de nations ayant franchi ce cap. C’est la quatrième maladie transmissible éliminée en Algérie, après d’autres succès enregistrés ces dernières décennies dans la lutte contre les grandes endémies. Le trachome n’est pas une maladie anodine. Causée par la bactérie Chlamydia trachomatis, elle est la principale cause infectieuse de cécité dans le monde et continue de toucher des millions de personnes, principalement dans les zones rurales pauvres d’Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient. Son élimination « requiert des efforts soutenus, une coordination multisectorielle et un engagement durable », rappelle le communiqué du ministère, qui mesure ainsi l’ampleur du travail accompli. Car c’est bien de travail de longue haleine qu’il s’agit. La stratégie internationale contre le trachome repose sur un protocole dit CHANCE — chirurgie des cas avancés, antibiothérapie de masse, hygiène faciale, amélioration de l’environnement. Déployée pendant des années dans les régions du pays historiquement touchées, notamment au Sud, cette approche a combiné campagnes de traitement, accès à l’eau potable et sensibilisation des communautés. « Il s’agit d’une victoire collective rendue possible après plusieurs années de mobilisation nationale », souligne le ministère. La reconnaissance de l’OMS ne se limite pas à un satisfecit symbolique. Elle valide une trajectoire de santé publique fondée, selon le ministère, sur « la prévention, l’accès équitable aux soins et l’amélioration des conditions de vie ». En rejoignant le groupe des pays certifiés, l’Algérie s’aligne sur des standards que peu de pays africains ont atteints. « Cette certification internationale témoigne de la capacité de notre pays à atteindre les standards les plus exigeants en matière de santé publique », affirme le communiqué.
Le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a adressé personnellement ses félicitations au ministre de la Santé, le professeur Mohamed Seddik Aït Messaoudane. « L’élimination d’une maladie comme le trachome est un grand succès pour la santé publique, qui a nécessité des efforts et un dévouement au long cours », a-t-il écrit, saluant « ce succès historique » du gouvernement algérien. Une formule de courtoisie diplomatique, certes, mais qui, venant du patron de l’OMS, a son poids dans les enceintes sanitaires internationales.
Le ministre a, de son côté, rendu hommage aux « experts du Comité national de lutte contre le trachome, aux professionnels de santé à travers le territoire national, aux partenaires nationaux et internationaux », ainsi qu’à l’OMS pour « son accompagnement constant ». Le communiqué conclut sur un engagement : l’Algérie entend « maintenir ces acquis et contribuer activement aux initiatives régionales et internationales visant l’élimination des maladies évitables ». Autrement dit, la certification n’est pas un point final, mais une base pour aller plus loin — peut-être vers un rôle de référence sur le continent dans la lutte contre les maladies négligées.
Lyna Larbi

