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Ghaza : MSF documente l’usage de l’eau comme arme de destruction

L’eau coupée, l’oxygène en rupture, 140 arrestations en Cisjordanie en deux jours, et un compteur qui n’arrête pas de tourner : 72 594 martyrs palestiniens depuis le 7 octobre 2023. La réalité de Ghaza se lit dans une accumulation de faits que Médecins Sans Frontières a décidé de nommer sans détour dans un rapport publié à Genève — « L’eau comme arme ».

Le document, qui s’appuie sur des données collectées par le personnel de MSF entre 2024 et 2025, établit que l’entité sioniste a détruit ou endommagé près de 90 % des infrastructures d’eau et d’assainissement de Ghaza — usines de dessalement, forages, canalisations, réseaux d’égouts — selon des données convergentes de l’ONU, de l’Union européenne et de la Banque mondiale. « Les autorités sionistes savent que sans eau, la vie s’arrête », a déclaré Claire San Filippo, responsable des urgences chez MSF. « Pourtant, elles ont systématiquement et délibérément détruit les infrastructures hydrauliques à Ghaza, tout en bloquant de manière constante l’entrée des équipements liés à l’eau. » Pour MSF, cette « instrumentalisation répétée de l’eau » relève « d’un schéma récurrent, systématique et cumulatif » qui « fait partie intégrante du génocide perpétré » contre la population de Ghaza, s’ajoutant aux meurtres directs de civils, à la destruction des structures de santé et à la démolition des habitations. Les femmes et les personnes en situation de handicap sont les premières victimes de ces conditions jugées « destructrices et inhumaines ». Pendant ce temps, à Ghaza-ville, la seule station de production d’oxygène encore en fonctionnement dans les gouvernorats de Ghaza et du Nord est menacée d’arrêt imminent. Des sources médicales citées par l’agence palestinienne WAFA alertent sur des pannes répétées provoquées par une surcharge de fonctionnement, sans alternative disponible. Les hôpitaux, déjà à genoux, verraient leur approvisionnement en oxygène médical interrompu — condamnant les malades chroniques et les patients sous assistance respiratoire à une mort annoncée.

En Cisjordanie occupée, l’étau se resserre également. Le Club des prisonniers palestiniens a recensé 140 arrestations conduites par les forces d’occupation lundi et mardi, dans la majorité des gouvernorats — Al-Ram, Kafr Aqab, Al-Dhahiriya, le camp de Qalandiya — touchant des femmes, des enfants et d’anciens prisonniers. Les incursions, qui ont duré plusieurs heures, se sont accompagnées de passages à tabac, d’intimidations contre les familles, de saisies de véhicules et de biens, de démolitions de maisons. Le Club dénonce l’utilisation de détenus comme boucliers humains et de membres de familles comme otages, des pratiques qu’il qualifie de « punition collective » systématique. Depuis le début de l’agression, plus de 23 000 arrestations ont été recensées en Cisjordanie occupée.

Le bilan global de l’agression génocidaire contre Ghaza s’établit ce mardi à 72 594 martyrs et 172 404 blessés, en majorité des femmes et des enfants, depuis le 7 octobre 2023. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 818 Palestiniens sont tombés en martyrs et 762 corps ont été récupérés des décombres. De nombreuses victimes y restent encore enfouies.

R.I.

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