Palestine : En Cisjordanie occupée, les colons sionistes violent jusqu’aux sépultures
Des colons sionistes ont contraint une famille palestinienne à exhumer le corps de son défunt d’un cimetière du nord de la Cisjordanie occupée, sous prétexte que le lieu de sépulture se trouve à proximité d’une colonie rétablie par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Le mouvement de résistance Hamas a qualifié dimanche cet acte de « crime odieux », tandis que l’ONU y voit une illustration supplémentaire de la déshumanisation systématique du peuple palestinien — des vivants comme des morts. L’incident s’est produit vendredi soir dans le village d’Al-Asaasa. Selon des sources locales citées par l’agence palestinienne WAFA, des colons ont commencé à creuser la tombe d’un Palestinien enterré le jour même, avant de contraindre sa famille à transférer le corps vers un autre lieu. Le cimetière se situe à environ 300 mètres d’une colonie rétablie en 2025 dans le nord de la Cisjordanie occupée. Désormais, selon Ajith Sunghay, chef du Bureau des droits de l’homme de l’ONU pour les territoires palestiniens occupés, « les Palestiniens sont contraints d’obtenir des permis pour enterrer leurs morts, comme cela a été le cas pour la famille Hussein Asaasa ». Le responsable onusien a décrit une « scène horrifiante illustrant la déshumanisation des Palestiniens à laquelle nous assistons dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés, où ni les vivants ni les morts ne sont épargnés ». Dans un communiqué publié sur son site officiel, Hamas a dénoncé « un nouveau crime commis par les bandes de colons en Cisjordanie, avec le soutien de l’armée d’occupation terroriste ». Le mouvement a précisé que « ce crime odieux reflète la véritable nature de l’occupation terroriste et confirme une nouvelle fois que l’entité sioniste est totalement détachée de toutes les valeurs et normes humaines », appelant la communauté internationale à prendre des « mesures sérieuses » pour mettre fin à l’occupation, traduire ses dirigeants en justice et « mettre un terme à leurs crimes ».
Cette profanation de sépulture ne survient pas dans un vide. Elle s’inscrit dans une séquence d’agressions qui s’intensifie depuis plusieurs mois sur l’ensemble de la Cisjordanie occupée. À Jénine, la confiscation de terres dans la région d’Al-Jabriyat, conjuguée à l’ouverture de nouvelles routes de colonisation sur les terres d’Anin et d’Al-Sila Al-Harithiya, a été qualifiée dimanche de « crime de nettoyage ethnique » par Rouhi Fattouh, président du Conseil national palestinien. Dans son communiqué, il a rappelé que ces politiques « se poursuivent parallèlement aux attaques organisées des colons contre les Palestiniens, visant à déplacer les habitants et à imposer une réalité coloniale sur les territoires palestiniens occupés », appelant la communauté internationale à « revoir de manière globale ses politiques et positions » envers l’occupation sioniste.
Les violences perpétrées par les colons israéliens ont atteint en 2025 un niveau sans précédent depuis plus de 18 ans, avec plus de 2 660 incidents enregistrés lors des neuf premiers mois de l’année, selon l’OCHA. Entre le 7 octobre 2023 et le début de l’année 2026, les forces israéliennes et les colons ont tué 1 054 Palestiniens en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est. Les villes, localités et camps de réfugiés y sont quotidiennement le théâtre de raids, incursions, arrestations et tirs à balles réelles, dans une escalade que rien n’arrête — pas même le cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre dernier à Ghaza.
Car pendant que la Cisjordanie brûle, Ghaza continue de saigner. Les autorités sanitaires palestiniennes ont communiqué dimanche un nouveau bilan de l’agression génocidaire sioniste contre la bande de Ghaza : 72.737 martyrs et 172.539 blessés depuis le 7 octobre 2023, en majorité des femmes et des enfants. Au cours des dernières 24 heures, le corps d’un martyr et quatre blessés ont été transférés vers les hôpitaux, tandis que de nombreuses victimes restent encore sous les décombres. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, 851 Palestiniens sont tombés en martyrs, 2.437 autres ont été blessés et les corps de 770 martyrs ont été récupérés.
Un mort refusé à sa tombe. Des terres arrachées sous prétexte administratif. Des quartiers rasés, des familles déplacées. L’entité sioniste mène deux guerres simultanées : une guerre ouverte contre Ghaza, et une guerre rampante contre la Cisjordanie, dont les instruments sont les permis, les bulldozers et les colons armés. Ce que l’ONU appelle pudiquement « déshumanisation », Hamas le nomme sans détour : un terrorisme d’État, organisé, assumé, et protégé par l’impunité que lui offre le silence complice d’une communauté internationale incapable — ou peu désireuse — d’agir.
L.S.

