Blida : Ouverture des Journées nationales du Haouzi
C’est à la salle Mohamed-Touri de Blida que les Journées nationales du Haouzi ont ouvert leurs portes mardi soir, réunissant pour quatre jours artistes et associations venus de Constantine, Alger, Tlemcen, Tipasa et Blida autour d’un patrimoine musical que ses défenseurs considèrent comme l’un des héritages les plus fragiles de la tradition andalouse algérienne. Organisé dans le cadre du « Printemps blidéen » sous le slogan « Blida, capitale de la musique et de la mélodie », cet événement se tient jusqu’au 16 mai à l’initiative de la Direction de la jeunesse et des sports de la wilaya, en coordination avec la Ligue de wilaya des activités culturelles et scientifiques des jeunes et l’Établissement public de promotion des arts et des activités culturelles et sportives de la commune de Blida. Chaque soir à 17h30, la salle accueille des prestations artistiques pensées autant comme spectacle que comme acte de transmission. Le Haouzi est un genre à part dans le paysage musical algérien. Dérivé de la musique andalouse, il s’en distingue par une sensibilité plus populaire, une langue plus directe, souvent en dialectal, et une relation particulière à la mélodie qui le rapproche du quotidien autant que du sacré. Né dans les villes de l’intérieur — Blida, Médéa, Miliana — il porte les traces d’une Algérie urbaine précoloniale, celle des artisans, des poètes de rue et des cercles de musiciens amateurs qui faisaient vivre la culture dans les patios et les cafés maures. Aujourd’hui, ce répertoire est porté par une poignée d’associations et de voix qui en assurent la continuité, souvent loin des grandes scènes nationales.
La soirée d’ouverture a mis en lumière cette diversité géographique et esthétique. Les associations « El Djenadia » de Blida et « Senaa » d’Alger ont animé la première veillée aux côtés de deux figures incontournables du genre : Adlane Fergani, héritier de la grande école constantinoise qui, bien que davantage identifiée à la musique classique arabe, entretient avec le Haouzi une proximité naturelle, et Sid Ali Ben Guergoura, voix ancrée dans la tradition blidéenne, dont l’interprétation incarne la fidélité à l’école locale. Parmi les artistes programmés tout au long de la manifestation figurent également Manel Gherbi et Nesrine Ghenim, deux chanteuses dont la présence sur ce type de scène témoigne d’un renouvellement générationnel discret mais réel, ainsi que Benzina Abdelaziz, habitué des rendez-vous dédiés au patrimoine musical algérien.
La cérémonie de clôture, prévue samedi, sera confiée à Rim Hakiki, représentante de l’école tlemcénienne dont l’élégance vocale est reconnue bien au-delà de sa région, et à Farida Khodja, figure de la scène blidéenne. Les associations « El Fen oua El Adab » de Blida et « Errachidia » de Cherchell, dans la wilaya de Tipasa, viendront compléter ce dernier tableau, rappelant que le Haouzi n’est pas le monopole d’une ville mais bien un bien partagé entre plusieurs foyers de tradition.
M.S.

