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Sécurité routière : Moins d’accidents, mais 825 morts au premier trimestre

La Délégation Nationale à la Sécurité Routière a enregistré 6 291 accidents de la route au premier trimestre 2026, soit une baisse de 1,32 % par rapport à la même période de l’année précédente, causant 825 décès — en recul de 4,40 % — et 8 503 blessés, en légère hausse de 0,31 %, a indiqué lundi Lahcen Boubka, directeur des études et porte-parole de la DNSR, intervenant sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne à l’occasion du lancement d’une campagne de sensibilisation liée aux examens du BEM et du BAC et à l’Aïd El-Adha. Les chiffres vont globalement dans le bon sens, et Lahcen Boubka ne s’en cache pas. La baisse du nombre d’accidents et de tués traduit, selon lui, « la prise de conscience des conducteurs et des citoyens quant à l’importance d’adopter un comportement responsable sur la route ». Une lecture optimiste, tempérée par la réalité des 825 morts en trois mois — soit en moyenne neuf décès par jour — et par la légère progression du nombre de blessés.

La géographie des accidents reste, elle, inchangée. Alger conserve la tête du classement avec 316 accidents enregistrés sur le trimestre, devant Chlef avec 277 accidents et Oran avec 252. Trois wilayas qui concentrent à elles seules une part significative de la sinistralité nationale, reflet de leur densité de trafic et de population.

Sur le fond, le porte-parole de la DNSR a rappelé un chiffre qui résume à lui seul l’ampleur du défi : le facteur humain est à l’origine de 96 % des accidents de la route. Un taux qui a conduit la délégation à franchir une étape nouvelle. La DNSR a signé une convention avec l’université de Tipasa afin que cette dernière conduise une étude comportementale destinée à comprendre les ressorts de ce phénomène. « Pourquoi l’Algérien se comporte-t-il de cette manière ? Pourquoi le code de la route n’est-il pas respecté ? Pourquoi ces excès de vitesse ? Pourquoi toutes ces manœuvres dangereuses ? Pourquoi la distance de sécurité n’est-elle pas respectée ? » — autant de questions auxquelles cette recherche universitaire tentera d’apporter des réponses scientifiques, au-delà des seules campagnes de sensibilisation.

Car les campagnes, justement, s’enchaînent. Celle en cours vise deux publics distincts mais liés par le même calendrier chargé : les candidats aux examens du BEM, prévus du 19 au 21 mai, et du BAC, du 7 au 11 juin, ainsi que les familles qui se déplaceront à l’occasion de l’Aïd El-Adha le 27 mai, coincé entre les deux sessions. Boubka a conseillé aux parents et aux élèves de « prendre leurs dispositions en se réveillant tôt et en ralliant les centres d’examen suffisamment à l’avance », afin d’éviter le stress qui pousse à la vitesse et, dans les cas extrêmes, à une exclusion de l’examen pour retard.

Pour l’Aïd, la DNSR sera mobilisée sur le terrain. L’organisme, qui relève du ministère de l’Intérieur, sera présent « avec les différentes délégations de wilaya dans plusieurs lieux stratégiques », notamment les grandes gares routières, pour encadrer une période marquée par une forte mobilité entre wilayas. Une autre campagne, consacrée à la sécurité routière en période estivale, sera quant à elle lancée le 7 juillet prochain depuis la wilaya de Tipasa.

Malik Meziane

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