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Ligue 2-Barrages d’accession : Témouchent et Chaouia se disputent la dernière place en Ligue 1

Quatre-vingt-dix minutes. C’est tout ce qui sépare le CR Témouchent et l’US Chaouia de la Ligue 1 Mobilis. Les deux clubs se retrouvent mercredi au stade Hocine-Aït-Ahmed de Tizi Ouzou, à 17h00, pour une finale de barrages d’accession à huis clos. Un seul en sortira promu. L’autre rentrera bredouille, avec le sentiment amer d’être passé si près.

Le contexte mérite d’être posé. En Ligue 2 amateur, deux clubs ont déjà assuré leur montée directement, sans passer par la case barrages : le JS El-Biar, sacré en Centre-Ouest, et l’US Biskra, dominateur en Centre-Est. Le troisième billet pour l’élite, lui, se joue à l’arraché, au terme d’un mini-tournoi qui a déjà livré son lot de suspense. Et c’est Témouchent contre Chaouia qui aura le dernier mot. Les deux finalistes ont dû batailler pour en arriver là. Le CR Témouchent a franchi l’obstacle des demi-finales de la façon la plus cruelle qui soit pour un adversaire : aux tirs au but. Face au CA Batna au stade Nelson-Mandela de Baraki, les deux équipes s’étaient quittées sur un score nul d’un but partout au terme du temps réglementaire. La séance de penalties a souri aux Témouchentois, qui l’ont emporté 4 tirs à 2. L’US Chaouia, elle, a fait le travail en match : victoire 2-1 contre l’USM El-Harrach au stade Miloud-Hadefi d’Oran, un résultat qui a fait l’effet d’une surprise au regard de la réputation du club harrachi.

Du côté du CRT, la dynamique de fin de saison doit beaucoup à un homme : Mustapha Jalit. L’entraîneur a pris les commandes lors de la phase retour du championnat, dans une situation qui appelait à la fois du courage et de la lucidité. Avant le tournoi d’accession, il avait dit sans détour pourquoi il avait accepté le défi : il avait été convaincu par les capacités du groupe et par l’ambition affichée par la direction. Des mots qui ne sonnaient pas creux, à en juger par le parcours accompli depuis. Jalit avait aussi salué les conditions de préparation mises en place par le club, notamment l’hébergement au complexe du stade Omar-Oucief, qui a permis aux joueurs de récupérer correctement entre les matches. Dans un tournoi aussi ramassé, ces détails-là font souvent la différence.

En face, l’US Chaouia arrive avec une histoire à raconter et une ambition longtemps mise en veille. Le club attend depuis près de vingt ans de retrouver l’élite du football algérien. Deux décennies, c’est long. Long au point que cette finale a pris, dans les rangs chaouia, une résonance qui dépasse le simple résultat sportif. Le président Fethi Alaoua ne cache pas sa confiance : selon lui, son équipe a déjà accompli la moitié du chemin. C’est une façon de dire que le plus dur est fait, que le groupe a prouvé sa valeur en éliminant El-Harrach, et qu’il reste maintenant à aller chercher ce qui leur échappe depuis trop longtemps.

Alaoua a néanmoins été honnête sur le principal problème qui se pose à son staff : la fatigue. L’enchaînement des déplacements et des matches en quelques jours pèse sur les organismes, et le staff technique a dû jongler avec la préparation physique pour que les joueurs arrivent à Tizi Ouzou dans le meilleur état possible. La réponse, selon le président, viendra de la motivation. L’effectif est jeune, il a la faim et l’envie, et c’est sur cela que mise le club pour combler d’éventuelles lacunes physiques face à une équipe de Témouchent qui, elle aussi, a joué plusieurs matches en peu de temps.

Le lieu choisi pour cette finale est neutre, ce qui est logique pour une affiche de cette nature. Le stade Hocine-Aït-Ahmed de Tizi Ouzou, qui porte le nom de l’un des pères de la révolution algérienne, a accueilli des dizaines de rencontres décisives. Il en connaîtra une de plus mercredi après-midi. Le huis clos imposé privera les joueurs de l’énergie des tribunes, mais n’enlèvera rien à l’intensité de l’enjeu. Les staffs savent ce qui se joue. Il n’y aura pas besoin de grands discours avant le coup d’envoi. Mercredi à 17h00, à Tizi Ouzou, l’un des deux écrira une page nouvelle de son histoire. L’autre devra attendre encore.

M.D.

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