Économie

Politiques agricoles : Oualid fixe les priorités

Le ministère de l’Agriculture place la transformation numérique de la filière au rang de priorité absolue, avec pour objectif de rationaliser la gestion de la ressource foncière et d’accroître les rendements dans les filières stratégiques. Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Oualid, était l’invité du forum du quotidien El Moudjahid, mardi à Alger. Devant une presse attentive, il a dressé un état des lieux sans fard d’un secteur à la croisée des chemins, pesant 15 % du PIB national mais confronté à des défis structurels bien connus — pression démographique, surface agricole utile limitée, coûts des intrants élevés. La stratégie du ministère s’articule autour de plusieurs axes complémentaires. Le premier, et le plus immédiat, concerne la numérisation. Le ministre a annoncé le déploiement d’un système d’information national qui permettra, selon lui, « de suivre les itinéraires de production dans les différentes filières agricoles pour disposer d’informations et de chiffres précis et en temps réel ». L’objectif est de sortir d’une gestion empirique pour aller vers une planification outillée, capable d’identifier les blocages et d’y répondre rapidement.

La mécanisation constitue le deuxième levier. Oualid a insisté sur la généralisation des technologies modernes à l’ensemble des chaînes de production, en application des instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Cette démarche doit, selon lui, réduire les pertes à la récolte et garantir « un rendement abondant à l’hectare ». Le ministre s’est montré confiant sur la saison en cours, qu’il anticipe comme « record » en termes de production.

Troisième priorité : la localisation de la production de semences et de plants, et le développement de produits phytosanitaires et vétérinaires d’origine nationale. Le raisonnement est simple. Les intrants représentent « au moins 40 % du coût total de la production », a-t-il précisé. Réduire la dépendance aux importations dans ce domaine, c’est directement abaisser le coût de revient à la ferme. Dans ce cadre, le projet de banque de gènes — présenté comme « dans ses dernières phases de concrétisation » — joue un rôle central. Il permettra de protéger les ressources génétiques végétales et animales nationales et d’améliorer leur productivité par rapport aux variétés importées.

Sur la question foncière, le ministre a évoqué le projet de loi sur le foncier agricole, censé élargir les surfaces exploitables. Il a également annoncé une réforme du dispositif de la carte d’agriculteur, avec un changement d’orientation significatif : orienter les soutiens publics « vers la production agricole plutôt que vers les propriétaires de terres ».

Prix de la viande : les assurances du ministre

Enfin, sur les prix des viandes rouges, le ministre a tenu à rassurer les consommateurs. Les mesures actuellement mises en œuvre, a-t-il affirmé, « permettront de réduire les prix des viandes rouges à partir de l’année prochaine ». Une promesse ambitieuse, dans un contexte où ce poste de dépense reste particulièrement sensible pour les ménages.

En marge de ces annonces structurelles, le ministre a annoncé que la plateforme numérique adhahi.dz, dédiée à la réservation des moutons importés à l’occasion de l’Aïd El-Adha, est désormais enrichie d’une page permettant aux citoyens de suivre, en temps réel, le nombre de têtes importées, les navires affrétés et leurs trajectoires. Une mesure de transparence concrète, à défaut d’être spectaculaire.

Sabrina Aziouez

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *