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Haut conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger : La satisfecit de la diaspora

Ils sont chercheurs en biotechnologie à Lyon, ingénieurs en intelligence artificielle à Bruxelles, médecins spécialistes à Montréal. Des milliers de cadres algériens de haut niveau exercent leur talent loin du pays, souvent faute d’un cadre institutionnel capable de les mobiliser. Cette réalité vient de changer. Le Conseil des ministres réuni dimanche sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune a approuvé la création du Haut conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger, organe consultatif rattaché directement à la Présidence de la République et doté de l’autonomie financière et administrative. La décision a suscité, dès le lendemain, des réactions enthousiastes au sein des associations de la diaspora établies en France et en Belgique.

Ce n’est pas la première fois que l’Algérie tente de renouer avec ses cerveaux expatriés. Depuis l’indépendance, plusieurs formules ont été essayées, avec des résultats inégaux. Ce qui change avec ce nouveau conseil, c’est son ancrage institutionnel au plus haut niveau de l’État et la clarté du mandat confié à ses membres, celui de contribuer, par l’expertise et la proposition, au projet de développement national. Le président Tebboune a lui-même lancé, à l’issue du Conseil des ministres, un appel direct aux scientifiques algériens du monde, leur promettant que les portes du pays leur sont désormais « grand ouvertes ».

Pour Nasser Khabat, secrétaire général du Mouvement dynamique de la communauté algérienne établie en France (MOUDAF), la décision était attendue. Son association, qui travaille depuis plusieurs années au renforcement des liens entre la diaspora et les institutions algériennes, l’accueille avec « une profonde satisfaction ». « Cette orientation stratégique témoigne de la vision du président de la République et de l’engagement constant des institutions de l’État en faveur de la valorisation du capital humain algérien, qu’il réside sur le territoire national ou au sein de la diaspora », a-t-il déclaré à l’APS.

M. Khabat insiste sur la portée du geste politique que représente cette création. Pour lui, le nouveau conseil ne se résume pas à une structure de plus : c’est une reconnaissance formelle du rôle que les compétences algériennes établies à l’étranger peuvent jouer dans la construction du pays. « En ouvrant ce cadre de réflexion, d’expertise et de proposition aux scientifiques, chercheurs et experts algériens du monde, l’Algérie affirme sa volonté de mobiliser l’ensemble de ses compétences au service du développement national, de la souveraineté scientifique et technologique ainsi que du rayonnement international de notre pays », a-t-il affirmé. Le responsable associatif qualifie d’ailleurs la décision d’« avancée politique majeure qui consacre la confiance accordée aux compétences de la diaspora et leur pleine adhésion aux grandes ambitions nationales ».

En Belgique, la réaction est du même registre. Fatiha Benterki, présidente de l’association « Espoir de mères et d’enfants » et membre du Club algérien d’excellence et de hautes compétences, se félicite d’une décision qui, selon elle, « met en valeur les compétences des Algériens qui vivent dans différents pays à travers le monde ». Mme Benterki souligne surtout l’aspect pratique du dispositif : le nouveau conseil donne aux scientifiques de la diaspora un canal institutionnel concret pour contribuer au développement du pays, au lieu de n’entretenir avec l’Algérie qu’un lien affectif sans prise réelle sur les politiques publiques.

La création de cette instance s’inscrit dans une dynamique plus large engagée depuis plusieurs années par la présidence. Le chef de l’État a multiplié les signaux en direction de la diaspora qualifiée, qu’il s’agisse des facilitations accordées pour l’exercice d’activités économiques en Algérie, de l’assouplissement de certaines procédures administratives, ou des appels répétés lancés lors de rencontres avec des représentants de la communauté nationale établie à l’étranger. Avec la création de ce Haut conseil, ces intentions se dotent d’une architecture institutionnelle pérenne.

Pour Nasser Khabat, la direction est en tout cas claire, la décision « traduit la volonté des plus hautes autorités de renforcer les passerelles entre l’Algérie et ses enfants établis à l’étranger dans une démarche fondée sur la compétence, le mérite et l’intérêt suprême de la Nation ».

Salim Amokrane

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