Législatives du 2 juillet : Avant la dernière ligne droite, les partis montent en cadence
À dix jours du scrutin législatif du 2 juillet, la campagne électorale franchit lundi un cap symbolique, la fin de la deuxième semaine de mobilisation ouvre la dernière ligne droite avant la semaine décisive qui précède le vote.
Les leaders des principales formations politiques ont intensifié leur présence sur le terrain, multipliant les meetings populaires et les rencontres de proximité aux quatre coins du pays, dans une compétition où le discours sur la compétence des candidats s’est imposé comme le dénominateur commun d’une campagne encore à la recherche de son souffle.
Depuis Laghouat, le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abdelali Hassani-Cherif, a développé une vision articulée autour des souverainetés. Il a mis en avant « l’importance de renforcer la souveraineté numérique, économique, énergétique, financière et alimentaire du pays, en tant que socles fondamentaux à même de garantir la souveraineté de la décision nationale et d’atteindre le développement durable ». Rappelant la conviction des Algériens selon laquelle « la défense de la patrie est un principe constant et immuable », il a présenté son projet comme « n’ayant pas de caractère étroitement partisan », avant de poursuivre sa tournée l’après-midi à Ghardaïa.
Dans cette même wilaya du M’zab, Monder Bouden, secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), tenait meeting. Fidèle à l’ancrage majoritaire de son parti, il a salué « la décision du président de la République visant à accélérer la réalisation de la ligne ferroviaire Laghouat-Ghardaïa-El-Meniaa », insistant sur le potentiel touristique du M’zab et sur la nécessité d’intensifier les investissements agricoles dans la région.
Atmane Mazouz, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), a animé un meeting place des Martyrs dans la commune de Souk El Tenine, à l’est de la wilaya de Bejaia, au lendemain d’une journée déjà chargée à Bouira. Il avait tenu dimanche un rassemblement public à Ahl Laksar, appelant les citoyens à voter pour ses candidats afin de « porter leurs voix à la future Assemblée populaire nationale », et assurant que les candidats du RCD « sont capables de relever le défi ». Lundi, il a précisé sa ligne de campagne, son parti se présente au scrutin avec un programme « riche » et « important », articulé autour de cent propositions pour améliorer les conditions de vie dans plusieurs secteurs. Il a demandé aux électeurs de Bejaia d’accorder leur confiance à la liste RCD, garantissant que ses candidats « resteront proches des citoyens et continueront à être présents sur le terrain pour porter leurs préoccupations au Parlement ».
Fatima-Zohra Zerouati, présidente du parti TAJ, a poursuivi lundi à Djelfa une tournée entamée dimanche à Mecheria et Nâama. Dans les Hauts Plateaux steppiques, elle a défendu un programme « accordant une attention particulière aux régions steppiques », qui « font face à de grands défis en raison de leur vulnérabilité aux changements climatiques et à l’avancée du désert », plaidant pour « l’amélioration des races ovines et la modernisation de l’élevage afin d’assurer la pérennité du cheptel ». La veille, elle avait insisté sur « la nécessité d’une forte participation au prochain scrutin et du choix de candidats compétents, capables de proposer des solutions concrètes et réalistes au service de l’intérêt du citoyen ».
Plusieurs autres formations ont complété le tableau de cette journée chargée. Mohamed Daoui, président d’El-Karama, a tenu meeting à Hammam N’baïl dans la wilaya de Guelma, appelant à « accorder la confiance à des candidats capables de constituer une force de proposition au sein de l’APN » et affirmant que ses listes sont composées « de compétences dignes de foi ». À Jijel, Mohamed Dhouibi, secrétaire général du Mouvement Ennahda, a qualifié le scrutin de « pas important pour le soutien du processus politique dans le pays », invitant à former « une Assemblée populaire nationale forte » sous le mot d’ordre « Ensemble pour une Algérie forte ». Lamine Osmani, président de Sawt Echaâb, réunissait les électeurs de Khenchela, martelant que « le succès des politiques nationales repose sur le renforcement de l’institution législative, à travers le choix optimal de compétences susceptibles de mieux représenter le peuple ». Assir Taïbi, du parti Tajdid wa Tanmia, tenait pour sa part meeting à Aïn Temouchent, proposant « l’élaboration d’un modèle de développement intégré couvrant tous les secteurs, constituant la base du progrès et de la croissance économique et sociale ».
Ces prises de parole s’inscrivent dans la continuité de la journée de dimanche, qui avait vu Youcef Aouchiche, Premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS), tenir une rencontre de proximité à Birkhadem, dans la wilaya d’Alger. Le responsable de la formation fondée en 1963 par Hocine Aït Ahmed avait affiché des ambitions sans ambages, obtenir des résultats « solides » le 2 juillet, figurer parmi les forces politiques les plus « fortes » de la capitale, et occuper le maximum de sièges à l’APN. Rappelant que le FFS aligne 38 candidats dans la wilaya d’Alger, il avait appelé les citoyens à voter « avec responsabilité », présentant le prochain Parlement comme devant devenir « un espace de contribution à l’élaboration des politiques gouvernementales et à l’accompagnement des collectivités locales dans la réalisation des objectifs de développement ».
Au total, la deuxième semaine de campagne s’achève sur une mobilisation géographiquement étendue mais thématiquement convergente. Tous les partis, quelle que soit leur sensibilité, ont martelé la même exigence de compétence et de représentativité. La dernière semaine, qui s’ouvre mardi, sera décisive pour convaincre l’électorat.
Hocine Fadheli

