Lutte contre la corruption : Le ministère du Travail forme ses inspecteurs
La sortie de l’Algérie de la liste grise du GAFI est le fruit d’une politique publique délibérée, conduite secteur par secteur, institution par institution. Le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale en a fourni une nouvelle illustration lundi, en organisant une journée de formation à l’attention de ses inspecteurs du travail sur le thème de la prévention et de la lutte contre la corruption, en coordination avec la Haute Autorité pour la Transparence, la Prévention et la lutte contre la Corruption (HATPLC). La rencontre, tenue au siège du ministère et étendue à l’ensemble des wilayas du pays via visioconférence, a réuni un large contingent d’inspecteurs et d’inspectrices du travail appelés à renforcer leurs connaissances du cadre juridique et institutionnel en vigueur, à s’approprier les mécanismes légaux de lutte contre la corruption et à adapter leurs pratiques de terrain aux exigences d’une administration publique transparente et responsable.
Le ministre du Travail a présidé la séance d’ouverture. Dans son allocution, il a replacé l’événement dans une perspective politique explicite, celle des orientations du président de la République visant à «ancrer les principes d’intégrité et de transparence, à moraliser les services publics et à bâtir une administration moderne, efficace et proche du citoyen». Car l’enjeu dépasse la rhétorique institutionnelle. L’inspecteur du travail n’est pas un fonctionnaire de bureau. Il est, selon les termes mêmes du ministre, «le représentant de l’autorité de l’État sur le terrain et le garant du respect de la législation et de la réglementation relatives au travail, à la sécurité sociale et à la protection des droits des travailleurs et des entreprises». À ce titre, il est exposé. Exposé aux sollicitations, aux pressions, aux compromissions. Et c’est précisément pourquoi sa formation à l’éthique n’est pas une formalité administrative, mais une nécessité opérationnelle.
Le ministre a été direct sur ce point. «L’intégrité et la droiture de l’inspecteur du travail constituent le fondement du succès de ses missions et la source de la crédibilité du dispositif d’inspection», a-t-il souligné. Il a appelé les inspecteurs à faire preuve «du plus haut degré de vigilance, de neutralité et d’adhésion aux règles d’éthique et de déontologie professionnelle», avec pour objectif de renforcer la confiance dans le service public et d’instaurer durablement une culture de transparence dans le monde du travail.
Ce discours s’inscrit dans un contexte institutionnel précis. L’Algérie a été retirée de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) à l’issue d’un processus d’évaluation portant sur la solidité de son dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Pour le ministre, cette sortie «constitue une reconnaissance internationale de l’efficacité des mesures mises en place par l’État en matière de prévention de la corruption et de renforcement du système de contrôle et de conformité». Il y voit également la preuve d’«une volonté politique forte de l’État et de la mobilisation collective de diverses institutions nationales», ainsi que d’un progrès tangible en matière de bonne gouvernance.
La présidente de la HATPLC, qui a pris la parole à son tour, a salué l’engagement du secteur du travail dans cette démarche. Elle a qualifié cette initiative de formation de signe d’«une prise de conscience institutionnelle de l’importance de la prévention de la corruption en tant que mécanisme essentiel de protection du service public et de renforcement de la confiance dans les institutions». Elle a notamment mis en avant la contribution du ministère à la mise en œuvre de l’indice d’intégrité et à la promotion d’une culture préventive au sein de ses structures administratives, et a confirmé la disponibilité de la Haute Autorité à poursuivre son accompagnement par des programmes de formation, de sensibilisation, d’échange d’expériences et de renforcement des mécanismes de contrôle.
La journée a couvert plusieurs axes thématiques : le cadre juridique et institutionnel de la prévention et de la lutte contre la corruption, les mécanismes de renforcement de l’intégrité et de la transparence dans l’exercice des missions de contrôle, et les bonnes pratiques de protection du service public.
Malik Meziane

