Médiation de la République : Le registre numérique des doléances, arme anti-bureaucratie
Quelque 1,37 million de plaintes reçues depuis la création de l’instance, 13.649 requêtes traitées sur le seul premier semestre 2026, plus de 6.000 solutions trouvées, le Médiateur de la République, Mohamed Hattab, a dressé lundi un bilan chiffré de son institution lors du Forum de la Chaîne 1 de la Radio nationale, en mettant la numérisation au cœur de sa stratégie de rapprochement entre l’administration et le citoyen. Invité à s’exprimer sur l’état du service public, M. Hattab a insisté sur le virage numérique engagé par son instance, dont les délégués quadrillent les 59 wilayas du pays. Ces derniers «sont en contact direct et quotidien avec les citoyens et transmettent leurs rapports périodiques sur les préoccupations exprimées», a-t-il rappelé, en précisant que le portail électronique des requêtes permet désormais à tout administré d’enregistrer et de suivre ses doléances à distance — un avantage particulièrement sensible pour les habitants des régions éloignées.
La décision du président de la République Abdelmadjid Tebboune de réactiver le registre national des plaintes a constitué, selon le Médiateur, un tournant concret. Ce registre, désormais déployé sur l’ensemble des administrations, établissements et organismes publics, contraint chaque responsable à répondre dans la case prévue à cet effet. «La numérisation de ce registre permet au citoyen d’acheminer ses préoccupations aux autorités locales et centrales sans avoir à se déplacer», a souligné M. Hattab, y voyant la traduction la plus immédiate d’une instruction présidentielle claire, celle de «placer le citoyen en tête des priorités».
Ce repositionnement du citoyen comme interlocuteur central de l’action publique se traduit aussi dans les méthodes de travail de l’institution. M. Hattab a évoqué les sorties de terrain récentes menées dans la wilaya d’In Guezzam et plusieurs autres régions du Sud, dont l’objectif premier est de s’assurer que «le service public offert au citoyen dans ces zones soit comparable à celui dispensé dans les régions du Nord, notamment en termes de qualité». Une préoccupation d’équité territoriale que l’analyse des données centralisées vient alimenter : l’instance exploite le traitement numérique de l’ensemble des requêtes reçues pour identifier les secteurs ministériels et les wilayas les plus sollicités, avant d’élaborer des propositions de solutions transmises aux administrations concernées.
Sur le plan institutionnel, M. Hattab a indiqué que des points de contact ont été désignés au sein de chaque ministère, chargés de coordonner avec son instance pour traiter les signalements des citoyens. Il a également relevé que l’inscription du portail national des services numériques à l’ordre du jour du Conseil des ministres du dimanche précédent illustre «l’importance accordée par l’État algérien, au plus haut niveau, à la modernisation administrative et à la numérisation» — une dynamique qui, selon lui, permettra à terme à la Médiation de la République de «traiter les préoccupations et les problèmes des citoyens avec davantage de rapidité, de transparence et d’équité».
Car c’est bien là l’ambition centrale que M. Hattab a réaffirmée, garantir à chaque citoyen «un accueil de qualité, un traitement digne et une réponse rapide à ses préoccupations dans un cadre professionnel et transparent».
Lyna Larbi
