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Un institut de thérapie par cellules souches bientôt réalisé : L’Algérie vise le leadership médical

Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a annoncé mardi devant le Conseil de la nation que les travaux de réalisation d’un Institut de traitement par cellules souches seront lancés à Alger avant la fin du mois de juin. L’annonce, faite devant la commission de la santé et des affaires sociales, dépasse le cadre d’un simple projet d’infrastructure, elle s’inscrit dans une ambition plus large de repositionner l’Algérie parmi les acteurs de pointe de la médecine moderne. Pour Kouidri, l’enjeu est clair. La thérapie par cellules souches constitue aujourd’hui «l’une des solutions prometteuses pour le traitement des maladies incurables, notamment le cancer et les maladies rares». L’institut, rattaché au groupe Saïdal et dont la maîtrise d’ouvrage est confiée au ministère de l’Habitat, sera livré en une année. Le ministre a indiqué que le projet «permettra de placer l’Algérie parmi les pays leaders dans le domaine des technologies médicales modernes», tout en contribuant à alléger la facture d’importation des médicaments chimiques et à améliorer la prise en charge des patients.

Ce chantier n’est pas isolé. Le ministre a déroulé devant les sénateurs une feuille de route sectorielle dont l’axe central est la production locale de matières premières pharmaceutiques. L’objectif affiché est de couvrir 50 % des besoins de l’industrie nationale en intrants d’ici 2027. Sont notamment visés les principes actifs destinés aux antibiotiques, aux hormones, aux anticancéreux, aux traitements du diabète et aux anti-inflammatoires. À cela s’ajoute un projet d’usine de fabrication de vaccins couplé à un centre de recherche en virologie, doté d’une unité de production à usage humain et vétérinaire, qui doit, selon le ministre, «réduire les importations dans ce domaine et renforcer la position de l’Algérie en tant que hub régional».

La dimension continentale du dispositif n’a pas été éludée. Kouidri a évoqué un projet de centre logistique régional sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé, dans la continuité des recommandations de la Conférence ministérielle africaine sur la production locale de médicaments tenue à Alger en novembre 2025. Ce projet, a-t-il expliqué, vise à faire de l’Algérie «une plateforme logistique régionale permettant de relier les marchés africains à leurs homologues européens», et à intégrer le pays dans les chaînes d’approvisionnement mondiales tout en soutenant la souveraineté sanitaire du continent.

Le tableau d’ensemble que dessine le ministère repose sur une logique d’intégration verticale. Il s’agit de produire les intrants, fabriquer les médicaments, stériliser les dispositifs médicaux sur place, et exporter le surplus vers l’Afrique et au-delà. Une ambition que le président de la commission sénatoriale de la santé, le professeur Habib Douaghi, a replacée dans son cadre politique, rappelant que la localisation de l’industrie pharmaceutique constitue «l’un des piliers fondamentaux de la sécurité sanitaire», en cohérence avec les orientations du président de la République.

Lyna Larbi

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