Annaba : La vente directe fait reculer les prix des produits halieutiques
L’afflux des débarquements de poissons pélagiques enregistrés ces derniers jours au port de La Grenouillère commence à se répercuter sur les étals. Pour accompagner cette embellie, la Direction de la pêche et de l’aquaculture d’Annaba a réactivé un dispositif de vente directe du producteur au consommateur, destiné à casser les prix et à améliorer l’accès des ménages aux produits de la mer. Après plusieurs mois marqués par une flambée des prix, le marché du poisson connaît un léger répit à Annaba. La hausse des débarquements de poissons pélagiques enregistrée au cours des deux dernières semaines a favorisé une meilleure disponibilité de plusieurs espèces et entraîné une baisse des prix de certaines variétés très prisées des consommateurs. Afin d’accompagner cette dynamique, la Direction de la pêche et de l’aquaculture ouvre, à chaque arrivée importante de poisson au port de La Grenouillère, un point de vente directe du producteur au consommateur, en coordination avec la Chambre de la pêche et de l’aquaculture. Cette opération vise à réduire les circuits de distribution, à limiter la spéculation et à permettre aux citoyens de s’approvisionner à des tarifs plus abordables. Les débarquements ont notamment concerné d’importantes quantités de saurel, mais également d’autres espèces telles que le limon, la latchoune, la sardine, le merlan, le mérou ou encore la crevette. Cette abondance a rapidement influencé le marché. Le saurel est ainsi proposé entre 500 et 700 DA le kilogramme, tandis que les petites latchounes sont commercialisées autour de 300 DA le kilogramme. La dorade et le loup de mer restent, quant à eux, proposés aux alentours de 1.300 DA le kg. Selon la Direction de la pêche, cette campagne de vente directe, menée en partenariat avec la Chambre de la pêche et les services du commerce, s’inscrit dans une démarche de soutien au pouvoir d’achat. L’objectif est d’injecter sur le marché local des quantités suffisantes de produits halieutiques, qu’ils proviennent de la pêche ou de l’aquaculture, afin de rééquilibrer l’offre, de contenir les prix et de lutter contre les pratiques spéculatives qui affectent certaines espèces à forte consommation. Sur les marchés de la ville, cette amélioration de l’offre a suscité un regain d’intérêt des consommateurs. Les points de vente spécialisés enregistrent une affluence plus importante, chacun pouvant désormais choisir les espèces correspondant à son budget. Les restaurants spécialisés dans les grillades de poisson profitent également de cette période. De nombreux clients achètent leur poisson auprès des poissonneries voisines avant de le faire préparer et servir sur place. La sardine, en revanche, demeure relativement chère. Les quantités débarquées, principalement pêchées au large d’El Kala, dans la wilaya d’El Tarf, restent insuffisantes pour répondre à une demande toujours soutenue. Malgré un léger recul, le prix avoisine encore les 1.000 DA le kilogramme, contre près de 1.400 DA il y a quelques mois. Les professionnels du secteur se montrent toutefois optimistes. Ils prévoient, d’ici à l’automne, une hausse des captures de poissons bleus, notamment de la bonite, du maquereau, du limon et de la sardine, une évolution qui pourrait contribuer à une nouvelle détente des prix. Historiquement, les côtes d’Annaba et d’El Tarf figurent parmi les zones les plus poissonneuses du pays pour la sardine, même si les volumes capturés ces dernières années restent inférieurs à ceux enregistrés auparavant. Parallèlement, les perspectives sont également encourageantes pour la filière aquacole. Les opérations de repeuplement en crevette grise menées sur le littoral de Sidi Salem et à l’embouchure de la Seybouse donnent des résultats jugés prometteurs. Appuyé par la station expérimentale de production de larves d’El Marsa et par une coopération technique internationale, ce programme devrait contribuer, à terme, à renforcer la production locale et à rendre ce produit plus accessible aux consommateurs. Cette dynamique s’inscrit dans une tendance de fond. En 2025, la wilaya d’Annaba a enregistré une production halieutique de près de 10.500 tonnes, en progression de 30 % par rapport à l’année précédente. À elle seule, la campagne de pêche de la bonite, menée en avril et en mai derniers, avait permis de débarquer près de 7.000 tonnes, faisant chuter le prix de détail jusqu’à 400 DA le kilogramme et confirmant qu’une offre abondante reste le meilleur rempart contre la flambée des prix.
Sofia Chahine

