Drogue au volant : La Gendarmerie nationale muscle ses contrôles sur les routes
Un chauffeur d’autobus assurant la liaison Chlef-Alger a été intercepté vendredi au barrage fixe de Tamzguida, dans la commune d’El Affroun, après avoir été contrôlé positif aux amphétamines lors d’un test salivaire, dans le cadre du plan de durcissement des contrôles routiers engagé par la Gendarmerie nationale contre l’hécatombe qui endeuille les routes algériennes chaque été. L’interpellation a eu lieu sur l’autoroute Est-Ouest, en direction de Blida, par les gendarmes de la brigade territoriale de sécurité routière. Selon les informations relayées par la page « Tariki » de la Gendarmerie nationale, les agents ont d’abord procédé aux vérifications d’usage, à savoir les papiers du véhicule et son état technique, avant de soumettre le conducteur à un éthylotest puis à un dépistage salivaire de stupéfiants. Ce dernier test a livré un résultat préliminaire positif, laissant présumer une conduite sous l’emprise de dérivés de l’ecstasy. Le bus a été aussitôt immobilisé et une procédure judiciaire ouverte contre le chauffeur, qui devra également répondre de deux autres manquements à savoir la poursuite de sa conduite en dépit d’une suspension de permis déjà notifiée, et l’absence à bord d’une trousse de secours, pourtant obligatoire sur ce type de transport collectif.
Loin d’être un cas isolé, cette opération illustre la stratégie désormais suivie par la Gendarmerie nationale, qui étend les tests rapides d’alcoolémie et de stupéfiants à l’ensemble des barrages fixes et mobiles, avec une attention particulière portée aux chauffeurs de bus et de poids lourds. Une responsable de l’institution a rappelé, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, que le danger sur les routes ne se limite pas aux infractions classiques au Code de la route, mais englobe aussi la consommation de psychotropes, véritable menace pour la vie des usagers.
Sur le plan institutionnel, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports a réclamé mercredi, lors d’une réunion de coordination, une application accélérée du Code de la route et la mobilisation de tous les moyens techniques pour accélérer les analyses toxicologiques. Il a aussi demandé le renforcement des campagnes de sensibilisation, autour du slogan « Un été sans accidents, la responsabilité de tous ».
Cette offensive sécuritaire fait suite à l’accident dramatique de Boumerdès, où le renversement d’un autobus avait fait 28 morts et 36 blessés. L’autopsie du chauffeur, décédé dans l’accident, avait révélé la présence de plusieurs substances toxiques ainsi que des comprimés psychotropes. Le ministère de l’Intérieur estime que le facteur humain reste responsable de 96,12 % des accidents recensés en 2025. Entre le 26 juillet et le 1er août derniers, la Protection civile a dénombré 74 décès et 1 951 blessés sur les routes du pays.
Malik Meziane

