Actualité

Accidents mortels impliquant des bus : La série noire se poursuit

Un mort et 16 blessés samedi à Hassi-Messaoud après la collision entre un bus assurant la liaison Guelma-Hassi-Messaoud et un camion semi-remorque sur la RN-3. Ce nouveau drame, survenu vers 5h35 dans la wilaya d’Ouargla, vient allonger une liste déjà lourde d’accidents impliquant des autocars, qui endeuille les routes algériennes. La Protection civile, mobilisée depuis les unités de Hassi-Benabdallah, de Hassi-Messaoud et du poste avancé de Hassi-Maamar, a évacué les blessés et transféré la dépouille de la victime vers l’hôpital le plus proche. Une enquête a été ouverte pour établir les circonstances exactes de la collision. Cette tragédie s’ajoute à une accumulation d’accidents survenus en l’espace de quelques jours à peine. Le 31 juillet, un autocar reliant Sétif à Alger avait quitté la chaussée et chuté dans un ravin à Boumerdès, faisant 28 morts et 36 blessés selon le bilan du parquet général ; l’enquête a révélé que le chauffeur, décédé dans l’accident, conduisait sous l’emprise de stupéfiants. Dès le lendemain, à Timimoun, la collision d’un bus assurant la liaison Batna-Adrar avec un camion sur la RN51 avait fait quatre morts et 43 blessés. Jeudi, un autre autocar transportant des employés a dérapé et chuté dans un ravin sur la RN79, entre Constantine et Mila, causant six décès et une vingtaine de blessés. En une semaine à peine, le bilan cumulé des accidents impliquant des véhicules de transport collectif dépasse les quarante morts et une centaine de blessés.

Cette accumulation de drames repose avec acuité la question de la sécurité du transport de voyageurs en Algérie. Le facteur humain reste identifié comme la cause dominante des accidents de la route, loin devant l’état des infrastructures ou des véhicules. Mais la répétition des sinistres impliquant des autocars interpelle aussi sur l’âge du parc roulant, la formation des chauffeurs et le respect des temps de conduite, autant de facteurs régulièrement pointés du doigt après chaque catastrophe.

Face à cette situation, les pouvoirs publics affichent une volonté de réagir. Réuni le 5 août au Palais du Gouvernement avec les cadres de son département, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a donné des instructions pour accélérer le programme de renouvellement de la flotte nationale de bus, qui porte sur 10 000 véhicules. Le ministre a également insisté sur l’application des nouvelles dispositions de la loi sur la circulation routière, notamment celles instaurant des contrôles de dépistage de l’alcool et des substances susceptibles d’altérer les capacités des conducteurs, tout en demandant que les services concernés disposent des moyens nécessaires pour les mettre en œuvre dans les délais impartis. Ce chantier du renouvellement du parc automobile n’est pas nouveau. Il avait déjà été engagé après l’accident de l’oued El Harrach à Alger, en août 2025, qui avait fait une vingtaine de morts et conduit le président de la République à ordonner l’interdiction de circulation des bus de plus de trente ans.

Samir Benisid

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *