La FAF fixe les critères pour le nouveau coach des Verts : Félix Sánchez Bas favori
La Fédération algérienne de football entre dans la dernière phase de son processus de désignation du successeur de Vladimir Petkovic, et c’est le nom de l’entraîneur espagnol Félix Sánchez Bas qui domine désormais les discussions internes, à quelques semaines d’échéances importantes pour l’équipe nationale.
Réuni jeudi en session extraordinaire au Centre de préparation de Sidi Moussa, le Collège technique national aurait arrêté une liste restreinte de trois techniciens susceptibles de reprendre la barre des Fennecs. C’est du moins ce que rapportent plusieurs médias sportifs sépcailisés. Aux côtés de Sánchez figurent l’Espagnol Rafael Benítez, dont le palmarès européen impressionne toujours, et le Belge Tom Saintfiet, présenté comme la candidature la plus inattendue de ce trio. Le rapport établi par les membres du Collège a depuis été transmis au président de la FAF, Walid Sadi, qui reste le seul décisionnaire pour trancher ce dossier sensible.
Si les recommandations techniques pèsent lourd dans la balance, plusieurs paramètres entrent également en ligne de compte, notamment le volet financier, les objectifs sportifs fixés à la sélection et l’aptitude du futur homme fort du banc à redonner une dynamique nouvelle au groupe national.
Cahier des charges fédéral
Selon les mêmes sources, l’ancien entraîneur du Qatar tiendrait la corde pour plusieurs raisons précises. La FAF aurait défini un cahier des charges autour de deux exigences majeures, à savoir l’appartenance à l’école espagnole et un âge permettant un engagement total sur le terrain. Sánchez répond aux deux critères. Il a en effet passé une décennie à La Masia, le centre de formation historique du FC Barcelone, avant de bâtir l’essentiel de sa carrière au Qatar au sein de la prestigieuse Aspire Academy. Âgé de 50 ans, le technicien ibérique s’inscrit pleinement dans la volonté fédérale de tourner la page d’un sélectionneur sexagénaire pour miser sur un profil davantage impliqué au quotidien, capable de multiplier les déplacements et de maintenir un contact permanent avec les internationaux, contrairement à la méthode de travail de Petkovic, dont les échanges avec le groupe se limitaient globalement aux rassemblements liés aux fenêtres FIFA.
Le parcours de Félix Sánchez impressionne par sa constance. Après avoir gravi tous les échelons des sélections qataries, des catégories jeunes jusqu’à l’équipe première, il a offert au Qatar son premier sacre continental en remportant la Coupe d’Asie U19 dès 2014, avant de reproduire cet exploit avec les seniors en 2019. Il a également conduit cette même sélection lors du Mondial 2022 organisé à domicile. Son aventure s’est ensuite poursuivie du côté de l’Équateur, sélection avec laquelle il a atteint les quarts de finale de la Copa America, avant un retour au Qatar sur le banc d’Al Sadd. Aujourd’hui libre de tout engagement, il présente l’avantage non négligeable d’être immédiatement disponible.
L’aspect financier joue également en sa faveur. La direction fédérale ne souhaiterait pas dépasser la rémunération accordée à Vladimir Petkovic, estimée à environ 160 000 euros mensuels lors de son dernier contrat, et viserait même une base salariale inférieure. Une piste comme celle menant à Xavi Hernández aurait ainsi été écartée pour des raisons budgétaires, tandis que les dossiers Benítez et Saintfiet demeurent toujours à l’étude au sein du Collège technique.
Vers un bouleversement tactique
Au delà de l’aspect administratif, l’arrivée éventuelle de Félix Sánchez pourrait entraîner une transformation profonde de l’identité de jeu des Verts. Le technicien espagnol affectionne les systèmes à trois défenseurs centraux, généralement déclinés en 3-5-2 ou en 3-4-2-1, une organisation déjà expérimentée ponctuellement sous Petkovic mais qui deviendrait potentiellement la base structurelle du dispositif national. Son football privilégie une relance propre depuis l’arrière, une possession maîtrisée et une occupation rationnelle des espaces, avec un rôle central accordé aux pistons chargés d’apporter largeur et soutien offensif tout en répétant les efforts défensifs.
Cette philosophie collective, où la discipline tactique prime sur les initiatives individuelles, pourrait modifier en profondeur le fonctionnement d’une sélection longtemps portée par le talent de joueurs comme Riyad Mahrez, désormais retraité de la scène internationale. La réputation de formateur de Sánchez tombe également à point nommé, alors que l’encadrement technique national doit accompagner le renouvellement générationnel de l’effectif.
Un point continue toutefois d’interroger les observateurs, celui de la communication avec le vestiaire. Félix Sánchez maîtrise parfaitement l’espagnol et l’anglais, et comprendrait également le français, sans que sa capacité à s’exprimer couramment dans cette langue soit totalement confirmée. Après les difficultés de communication déjà rencontrées durant le passage de Vladimir Petkovic, la Fédération souhaiterait que son successeur puisse échanger directement avec ses joueurs. L’intégration éventuelle d’Anthar Yahia au sein du futur staff technique pourrait justement contribuer à faciliter cette transition et à rassurer la direction fédérale sur ce dossier.
Dans l’attente d’une décision officielle attendue avec impatience par les supporters, tous les signaux convergent aujourd’hui vers un choix guidé moins par la notoriété d’un nom que par la cohérence d’un véritable projet de jeu, susceptible d’inscrire les Fennecs dans une nouvelle ère, résolument teintée d’influence espagnole.
Moncef Dahleb

