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Pétrole : Citi relève sa prévision de prix pour le troisième trimestre 2026

La banque américaine Citi a annoncé vendredi qu’elle relevait sa prévision moyenne pour le baril de Brent à 80 dollars au troisième trimestre 2026, contre 75 dollars précédemment.

Citi a précisé continuer de tabler sur une résolution du conflit entre les États-Unis et l’Iran, mais les atermoiements prolongés dans les négociations l’ont conduite à revoir sa projection à la hausse. La banque a en revanche maintenu ses prévisions moyennes pour le Brent à 70 dollars le baril au quatrième trimestre 2026, ainsi qu’à 65 dollars pour l’ensemble de l’année 2027. Cette révision intervient alors que les cours du pétrole ont progressé vendredi, portés à la fois par les chiffres de l’emploi publiés par le gouvernement fédéral américain et par les inquiétudes entourant les discussions entre négociateurs iraniens et américains, qui tentent de mettre fin à des affrontements qui durent depuis cinq mois. Le baril de Brent, pour livraison en octobre, a gagné 1,29 % pour clôturer à 83,55 dollars, tandis que son équivalent américain, le West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, a progressé de 1,15 % à 78,18 dollars. Le marché se montre de moins en moins confiant quant à la signature d’un éventuel accord au Moyen-Orient permettant de rouvrir le détroit d’Ormuz, point de passage crucial pour le commerce mondial d’hydrocarbures. « L’optimisme qui règne sur le marché pétrolier quant à une réouverture du détroit d’Ormuz pourrait s’avérer prématuré », a résumé Barbara Lambrecht, analyste chez Commerzbank. Les prix de l’or noir avaient pourtant chuté en début de semaine, le marché pariant sur une conclusion rapide d’un accord. Le président américain Donald Trump avait lui-même laissé entendre jeudi que le passage pourrait rouvrir « bientôt ».

Mais selon les analystes d’ING, certains signaux indiquent que l’Iran souhaiterait interdire aux navires américains et israéliens de traverser le détroit, une condition jugée inacceptable par Washington. Vendredi, des houthis du Yémen ont également revendiqué des frappes dans une province riche en pétrole, alimentant un peu plus la nervosité des investisseurs. « En fin de compte, tout reste incertain », a-t-elle conclu. Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management, a de son côté évoqué un « marché nerveux à l’approche du week-end ».

Plus tôt dans la semaine, Goldman Sachs avait indiqué s’attendre à ce que le Brent se maintienne dans une fourchette de 80 à 90 dollars le baril, en l’absence de confirmation d’un nouvel accord nucléaire entre les États-Unis et l’Iran ou d’une escalade significative des attaques.

Autre facteur surveillé de près par les analystes, celui relatif aux importations chinoises de brut qui restent, malgré une légère hausse en juillet, à plus de trois millions de barils par jour en dessous du niveau observé avant la guerre, selon Arne Lohmann Rasmussen. Cette faiblesse des achats chinois demeure un frein important à la hausse des prix du pétrole. Elle réduit dans le même temps les chances que la Chine augmente ses exportations de produits raffinés dans l’immédiat, ce qui renforce le risque de prix élevés sur les produits pétroliers dérivés, à commencer par l’essence.

Samira Ghrib

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