Sahel : Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA dresse un état des lieux
Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, réuni vendredi à Addis-Abeba sous la présidence de l’Algérie, a consacré une session à un large tour d’horizon de la situation au Sahel, passant en revue les développements politiques, sécuritaires et humanitaires ainsi que les enjeux liés aux droits de l’Homme et aux difficultés socio-économiques qui touchent les pays de la région. Cette réunion a permis au commissaire de l’UA aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité, Bankole Adeoye, ainsi qu’au représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et chef du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Leonardo Santos Simao, de dresser un état des lieux des efforts internationaux, continentaux et régionaux engagés contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière organisée. Les deux responsables ont insisté sur une approche fondée sur le respect de la souveraineté des États, le renforcement de la coopération régionale et le traitement des racines profondes des crises, dans l’optique de consolider la stabilité et les institutions étatiques. Les travaux ont été précédés d’une session de concertation ayant réuni les pays du Sahel et leurs voisins, consacrée à un échange de vues sur l’évolution de la situation régionale.
Dans son allocution d’ouverture, l’ambassadeur et représentant permanent de l’Algérie auprès de l’UA, Mohamed Khaled, a situé cette réunion dans un contexte d’aggravation des défis sécuritaires et humanitaires, rappelant que le Sahel demeure « l’une des régions les plus touchées par le terrorisme et le crime organisé », en plus de faire face à des crises humanitaires aiguës, à l’insécurité alimentaire et à une montée de l’immigration clandestine. Le diplomate algérien a par ailleurs affirmé que la sécurité et la stabilité de cette région restent intimement liées à celles de l’ensemble du continent, plaidant pour un renforcement de la coordination et de la coopération régionales. Le président du Conseil a également salué la dynamique nouvelle observée chez les pays sahéliens désireux de consolider leurs relations avec leurs voisins, y voyant le signe d’une « prise de conscience mutuelle quant au caractère inéluctable de la coopération pour vaincre le terrorisme transnational », précisant que la rencontre visait à dégager des recommandations pratiques susceptibles de renforcer l’action africaine commune.
Le briefing présenté aux membres du Conseil est revenu sur les efforts régionaux et internationaux déployés pour consolider la sécurité et l’autorité de l’État, tout en relevant la persistance de défis majeurs malgré certains indicateurs de résilience économique enregistrés dans la région. Les intervenants ont également évoqué l’engagement politique de haut niveau de l’UA et sa diplomatie préventive, illustrés par la visite effectuée en juillet dernier par le président de la Commission de l’organisation panafricaine, Mahamoud Ali Youssouf, au Mali et au Burkina Faso. À l’issue des discussions, le Conseil a insisté sur la nécessité de poursuivre un dialogue constructif avec les autorités des pays du Sahel, en soutien aux processus nationaux inclusifs et crédibles, et a appelé à renforcer la coopération entre l’UA, ses États membres et les mécanismes régionaux concernés, notamment à travers l’échange d’informations, la sécurisation des frontières et le développement d’opérations conjointes contre le terrorisme et la criminalité organisée. Les membres du Conseil ont également appelé au renforcement des dispositifs d’alerte précoce, à la prévention des conflits, à la lutte contre l’extrémisme violent et au tarissement des sources de financement du terrorisme, tout en plaidant pour une intensification de l’aide humanitaire destinée aux déplacés, aux réfugiés et aux pays hôtes, avec un acheminement garanti de manière sûre et régulière. Le Conseil a en outre lancé un appel aux institutions financières africaines et internationales ainsi qu’aux partenaires au développement afin qu’ils poursuivent leur soutien aux programmes de relance économique et au renforcement de la résilience des populations, en s’attaquant aux causes profondes de l’instabilité que sont la pauvreté, le chômage, l’insécurité alimentaire et les effets du changement climatique. Le Sahel demeure, selon les conclusions du Conseil, une région d’importance stratégique pour l’ensemble du continent, la paix durable y étant conditionnée par le renforcement de la coopération régionale, la bonne gouvernance et une approche globale conjuguant sécurité, développement et gouvernance.
R.I.

