Guerre au Moyen-Orient : Trump menace de bombarder Oman
Empêtré dans un conflit qu’il a provoqué au mois de février dernier, Donald Trump a menacé lundi Oman et l’Iran, alors que les négociations censées mettre fin à la guerre au Moyen-Orient restent dans l’impasse. Dans un entretien téléphonique accordé à un journaliste de Fox News, le président américain a averti que Washington « bombarderait » Oman si le sultanat se mettait « en travers » d’un accord relatif au détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transitait, avant le conflit, environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié. Mascate et Téhéran mènent depuis plusieurs semaines, sans la participation de Washington, des discussions visant à rétablir la navigation commerciale dans ce détroit, verrouillé par l’Iran de façon quasi continue depuis fin février, en réponse aux frappes américano-israéliennes qui ont déclenché la guerre. Les États-Unis ont pour leur part imposé un blocus des ports iraniens. Un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a indiqué lundi que les pourparlers avec Oman se poursuivaient « de manière sérieuse », des échanges de vues étant en cours sur le texte d’une déclaration conjointe. Ce n’est pas la première mise en garde adressée par Trump à Oman. En mai déjà, lors d’une réunion de cabinet, il avait affirmé que le pays devait se comporter « comme les autres », sous peine de représailles américaines.
Le président américain a par ailleurs exhorté l’Iran à « hisser le drapeau blanc de la capitulation », précisant ne pas être pressé de parvenir à un accord et assurant que les élections législatives de mi-mandat de novembre, qui détermineront le contrôle du Congrès, n’entraient pas en ligne de compte dans sa réflexion sur le dossier iranien. Cette échéance électorale intervient toutefois dans un contexte de pression intérieure croissante, la flambée des prix du carburant liée au conflit nourrissant l’impopularité de la guerre aux États-Unis.
Les propos de Trump surviennent au moment où expire le délai de soixante jours fixé en juin par un protocole d’accord intérimaire, qui prévoyait une « cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts » ainsi que l’ouverture de négociations sur un accord final, portant notamment sur l’avenir du programme nucléaire iranien. Ce texte s’est toutefois rapidement effondré. Trump l’avait déclaré « terminé » le 7 juillet, tandis que Téhéran annonçait sa « suspension » une semaine plus tard. Aucun plan concret pour mettre fin à la guerre ne s’est dégagé depuis.
Sur sa plateforme Truth Social, le président américain a réaffirmé lundi que « l’objectif numéro un » des États-Unis restait d’empêcher l’Iran de détenir « sous aucune forme » l’arme nucléaire. Cette déclaration fait écho à des propos tenus la semaine précédente par le vice-président JD Vance, qui avait évoqué deux objectifs pour Washington dans ce conflit soit empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire, chose dont Téhéran se défend depuis toujours et sécuriser l’approvisionnement en pétrole et en gaz des pays du Golfe afin de stabiliser les prix mondiaux de l’énergie. Trump a également évoqué l’existence d’un canal de communication direct et confidentiel entre l’administration américaine et le Corps des gardiens de la révolution islamique. De son côté, Téhéran avait réaffirmé samedi que le détroit d’Ormuz « restera iranien », après que le président américain eut évoqué l’idée que ce passage stratégique intègre le territoire des États-Unis une fois l’Iran, selon ses termes, « battu ».
L.S.

