Arabie saoudite : Des explosions perturbent le trafic à l’aéroport de Ryad
Des explosions ont secoué Ryad dans la nuit de vendredi à samedi 19 septembre et un réservoir de carburant du géant Aramco brûlait à proximité de l’aéroport international de la capitale saoudienne, où le trafic aérien est fortement perturbé, selon des témoins cités par l’AFP. C’est la première fois que la capitale est visée depuis la reprise des hostilités avec les Houthis du Yémen. Vers 3 h du matin (minuit GMT), une alerte signalant une « menace aérienne hostile » a été envoyée sur les téléphones des habitants, avec la consigne de ne pas sortir. Deux fortes détonations ont suivi, puis une nouvelle série d’explosions, plusieurs heures plus tard, en différents points de la ville, selon des journalistes et des habitants. « J’ai entendu l’alerte, puis mes fenêtres ont tremblé », raconte, sous couvert d’anonymat, un Saoudien de 27 ans résidant dans le nord de la capitale. Au matin, deux habitants ont fait état de flammes et d’une épaisse fumée noire. Un journaliste a vu des pompiers combattre l’incendie du réservoir, tandis que le site Flightradar24 signalait des « perturbations majeures » à l’aéroport, avec de nombreux retards et des vols annulés. Les autorités saoudiennes n’ont publié aucun communiqué et les Houthis n’ont revendiqué aucune attaque ces dernières heures.
Le royaume subit ces derniers jours des assauts croissants de ce mouvement pro-iranien, qui contrôle une grande partie du Yémen voisin. Jusqu’ici, les frappes visaient surtout des installations pétrolières et des bases militaires dans le sud et sur la côte de la mer Rouge, dont les rebelles se sont récemment emparés. Avec leur dernière offensive éclair, les Houthis tiennent désormais tout le littoral de la mer Rouge et renforcent leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, voie reliant l’Asie à l’Europe via le canal de Suez, d’autant plus stratégique que l’Iran verrouille celui d’Ormuz depuis le début du conflit. En début de semaine, Ryad a accusé les rebelles d’avoir ciblé La Mecque, ce qu’ils démentent.
L’Arabie saoudite bombarde chaque jour les zones qu’ils contrôlent, sans parvenir à les affaiblir, et multiplie les contacts diplomatiques. Selon Axios, Washington aurait refusé de frapper les Houthis à sa demande. Le Pakistan a promis de défendre son allié « jusqu’au bout », quand Ankara reste prudente. Sur le terrain, l’ONU recense au moins 112 000 déplacés au Yémen depuis début septembre.
R.I.

