Culture

Les auditions pour l’orchestre philharmonique international d’Algérie lancées : Un projet pour « mettre en valeur l’image artistique de l’Algérie »

Cent musiciens, dont une trentaine venus de douze pays, pour une ambition, celle de faire de la musique algérienne une signature symphonique reconnue dans le monde.

La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a donné, lundi à l’Opéra d’Alger « Boualem Bessaïh », le coup d’envoi des auditions destinées à constituer l’Orchestre philharmonique international d’Algérie, projet dirigé par le maestro Amine Kouider. Première étape concrète d’un chantier suivi au plus haut niveau de l’État, cette session se poursuit jusqu’au 30 septembre dans la salle de répétition de l’Opéra. Elle s’adresse aux instrumentistes professionnels, algériens comme étrangers. Le jury travaille sous la supervision d’Amine Kouider et compte l’artiste libanais Marcel Khalifa, qui participe à l’évaluation des candidats. Devant la presse, Mme Bendouda a insisté sur la portée du dossier. Il s’agit, a-t-elle affirmé, d’« un projet national ambitieux qui bénéficie d’une attention particulière » du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. L’orchestre, a-t-elle ajouté, entend « mettre en valeur l’image artistique de l’Algérie » et « faire revivre le patrimoine algérien à travers des arrangements symphoniques », offerts au public national et international aux côtés des œuvres universelles. Ce rendez-vous n’est pas le fruit du hasard. Examiné en janvier en Conseil du gouvernement, le projet avait été présenté au Conseil des ministres du 23 février, où le chef de l’État en avait salué la teneur, y voyant un « projet national artistique et culturel intégré », en phase avec la dynamique de renouveau global que connaît le pays. Le président Tebboune avait alors ordonné l’élaboration de textes pour relancer l’Opéra d’Alger et un lancement progressif du projet, en s’appuyant sur les talents de l’intérieur comme de l’étranger.

Pour Amine Kouider, l’enjeu dépasse la simple création d’une formation de plus. L’orchestre doit constituer « une carte d’identité musicale et culturelle de l’Algérie à l’échelle internationale », en interprétant la musique algérienne dans un registre philharmonique et symphonique, sans renoncer à un répertoire universel. Né à Alger en 1967, chef de l’Orchestre symphonique de l’Opéra d’Alger depuis 2016 et directeur artistique du Chœur et Orchestre philharmonique international de l’Unesco, le maestro connaît la scène internationale autant que celle du pays.

Sur le plan de la composition, l’effectif sera fixé à 100 musiciens dont 70 % d’Algériens résidant en Algérie, de membres de la communauté nationale établie à l’étranger et de jeunes, et 30 % de musiciens internationaux, soit une trentaine d’instrumentistes originaires d’une douzaine de pays d’Afrique, d’Europe, du monde arabe et d’Amérique. Mme Bendouda s’est félicitée de la participation d’artistes issus de différentes régions du pays. Elle a précisé que le projet prévoit aussi une académie chargée d’accompagner les jeunes talents, afin de former un Orchestre des jeunes appelé à devenir « un vivier » pour la formation principale.

La sélection se déroulera en trois temps. Les professionnels algériens résidant en Algérie ouvrent le bal, avant les jeunes diplômés des instituts régionaux et des instituts de musique, notamment à Alger, Oran et Batna, dont les auditions sont annoncées du 1er au 6 octobre. Les instrumentistes étrangers seront, eux, retenus sur la base de vidéos. La commission, selon M. Kouider, s’appuie sur des critères internationaux à savoir maîtrise technique de l’instrument, qualité de l’interprétation musicale et esthétique, aptitude à jouer collectivement au sein d’un orchestre. La liste définitive des musiciens algériens retenus devrait être rendue publique « au cours du mois prochain ».

Mohand Seghir

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