ANP : Une saisie record de plus d’une tonne et demi de kif à Béchar
Deux tentatives d’acheminement de drogue vers le territoire national ont été déjouées les 1er et 2 octobre à Béchar. Des détachements combinés de l’Armée nationale populaire (ANP) y ont saisi 1 660 kilogrammes de kif traité et éliminé un narcotrafiquant, a indiqué dimanche le ministère de la Défense nationale (MDN). La prise dépasse largement les onze quintaux de kif traité interceptés en avril dans la même région. « Dans la dynamique des efforts consentis pour la sécurisation des frontières et la lutte contre la contrebande et la criminalité organisée, des détachements combinés de l’Armée nationale populaire en 3ème Région militaire à Béchar, ont déjoué, lors d’une opération de recherche et de fouille, les 1er et 2 octobre 2026, deux tentatives d’acheminement d’une importante quantité de drogues vers le territoire national », indique ainsi le communiqué du MDN. Et d’ajouter que « cette opération a permis l’élimination d’un (1) narcotrafiquant, la saisie de 1660 kilogrammes de kif traité et 3 paires de jumelles de jour ». Dans son communiqué, le MDN précise que « ces grandes quantités de drogues saisies, mettent en exergue la détermination des unités de l’ANP, à travers l’ensemble du territoire national, à contrecarrer et mettre en échec toutes les tentatives visant à inonder notre pays par ces substances toxiques. »
Le même jour, à l’autre bout du pays, la brigade mobile des douanes de Béjaïa, relevant de la direction régionale de Sétif, a déjoué, en coordination avec l’ANP (5e Région militaire), une tentative de contrebande de 144,3 kilogrammes de kif traité. Les douaniers ont aussi saisi 1,765 million de dinars et arrêté deux complices, remis aux parties compétentes.
Ces opérations s’inscrivent dans une série d’importantes saisies opérées dans le cadre de la mobilisation des services de sécurité face à l’ampleur que prend le narcotrafic, notamment en provenance du Maroc voisin. Les bilans hebdomadaires de l’ANP font état de tentatives d’introduction de plusieurs quintaux de kif chaque semaine. Le pays reste exposé à des flux en provenance de ses frontières occidentales et méridionales. Le narcotrafic, lié au port d’armes, au blanchiment et au recrutement de jeunes délinquants, constitue une menace directe pour la sécurité nationale. Rappelons dans ce sens que la Sûreté de wilaya d’Alger a annoncé jeudi le démantèlement d’un réseau transfrontalier, avec près de deux millions de comprimés de prégabaline saisis et 636 motocycles issus du blanchiment récupérés (DGSN).
Les autorités ont durci l’arsenal répressif. La loi 25-03, qui modifie la loi 04-18, érige la lutte contre le narcotrafic en enjeu de sécurité nationale et prévoit des peines pouvant aller jusqu’à la perpétuité et la peine de mort, notamment lorsque l’infraction entraîne la mort d’une personne ou nuit gravement à la santé publique. Le 2 septembre, le Haut Conseil de sécurité, réuni sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, a acté la création d’une prison de haute sécurité dans le désert et d’une agence spécialisée sur le modèle de la DEA américaine. Le 22 septembre, le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaa, a déclaré que la peine de mort « sera appliquée à la lettre » y compris au narcotrafiquants, en rappelant l’instruction du président de la République. Ces mesures s’ajoutent à la stratégie nationale 2025-2029 destiné à lutter que le narcotrafic.
Malik Meziane

