Orchestre philharmonique international d’Algérie : 20 jeunes talents auditionnent à Oran
Ils avaient entre 18 et 25 ans, des partitions plein les mains et le trac au bord de l’archet. Samedi, une vingtaine de jeunes musiciens ont ouvert à Oran les auditions de l’Académie de l’Orchestre des jeunes, l’antichambre de l’Orchestre philharmonique international d’Algérie. La journée s’est déroulée à l’Institut régional de musique « Blaoui Mohamed El Houari ». Oran n’est que la deuxième étape d’un parcours déjà bien engagé. En marge des épreuves, le maestro Mohamed Amine Kouider, chef de l’orchestre, a rappelé que la formation des jeunes avait été précédée, la semaine dernière, par les auditions des musiciens professionnels à l’Opéra d’Alger « Boualem Bessaïh ». « Cette opération a démarré en septembre et octobre 2026 à Alger, puis dans plusieurs wilayas pour les professionnels. Elle se poursuivra à travers le pays avant de s’ouvrir aux Algériens établis à l’étranger, pour que chaque jeune ait sa chance », a-t-il expliqué, dans des propos recueillis par l’APS. Le chef d’orchestre a aussi situé le projet dans son cadre officiel. « La création de cet orchestre des jeunes s’inscrit dans les orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avec le soutien du ministère de la Culture et des Arts », a-t-il indiqué. Une manière de dire que la partition se joue au plus haut niveau. L’Orchestre philharmonique international d’Algérie comptera cent musiciens. 70% seront des Algériens, qu’ils vivent au pays ou au sein de la communauté nationale établie à l’étranger, rejoints par les jeunes révélés par l’académie. Les 30% restants viendront d’une douzaine de pays d’Afrique, d’Europe, du monde arabe et d’Amérique, un concert de nationalités, avec l’Algérie pour chef de pupitre.
Côté académie, la sélection sera serrée. « Nous retiendrons trente jeunes Algériens parmi quelque deux cent cinquante candidats venus de trente-deux wilayas », a précisé le maestro. L’idée, a-t-il souligné, est de dénicher les talents, de les polir et de faire de l’académie un vivier pour la formation principale. Autrement dit, une pépinière où l’on sème des notes pour récolter des solistes.
Pour trancher entre les candidats, le projet, placé sous la direction de Mohamed Amine Kouider, s’appuie sur un jury qui mêle artistes de renom et personnalités internationales. On y croise notamment le musicien libanais Marcel Khalifé, dont la seule présence fait pencher la balance du côté de l’exigence. Reste la question que tout le monde se pose : quand entendra-t-on tout ce petit monde jouer ? Pas dans longtemps, à en croire le maestro. « L’orchestre devrait monter sur scène d’ici un à deux mois », a-t-il annoncé, voyant dans cette échéance « un nouveau jalon » pour la musique algérienne sur les scènes nationale et internationale. D’ici là, les auditions continueront de rythmer le calendrier, et les jeunes retenus n’auront plus qu’à passer de l’ombre des salles d’examen à la lumière des projecteurs.
M.S.

