Soudan : Les FSR visent la résidence du gouverneur du Nil-Bleu
Les autorités soudanaises ont annoncé, samedi, que des drones appartenant aux Forces de soutien rapide (FSR) avaient pris pour cible la résidence du gouverneur de l’État du Nil-Bleu, ainsi que plusieurs sites civils à Damazine, chef-lieu de cet État du sud-est du pays. Dans un communiqué repris par des médias, le gouverneur, Ahmed Al-Omda, a indiqué que l’attaque avait été menée « au moyen de drones suicides ». Selon le même document, les forces de défense antiaérienne ont riposté. M. Al-Omda a assuré que cette offensive ne détournerait pas les autorités de leur combat pour « la défense de la patrie » ni de leur action visant à libérer « chaque parcelle du territoire soudanais » de la rébellion. Cet État connaît, depuis plusieurs jours, une escalade militaire sur fond d’attaques attribuées aux FSR contre plusieurs de ses zones. Le Nil-Bleu n’est pas un cas isolé. Les États du Kordofan et du Darfour sont, depuis plusieurs mois, le théâtre de combats continus entre l’armée soudanaise et les FSR, dans le cadre d’un conflit déclenché en avril 2023. Selon des estimations onusiennes et internationales, cette guerre, qui s’est étendue à 13 des 18 États du pays, a fait des dizaines de milliers de morts.
Sur le plan humanitaire, la situation demeure préoccupante dans la région de Tawila, au Darfour-Nord, où le rythme des arrivées de personnes déplacées s’accélère, rapportent des médias. Ces civils fuient les violences, l’insécurité et la sécheresse qui frappent plusieurs zones du Darfour, et trouvent refuge dans une région qui souffre elle-même, d’après des rapports locaux, d’un manque de nourriture, d’eau potable, de services de santé et d’abris. Citant le porte-parole de la Coordination générale des déplacés et des réfugiés, Adam Regal, les mêmes sources indiquent que Tawila a accueilli, entre le 23 et le 27 septembre, 275 familles, soit 1 390 personnes, venues de différentes localités du Darfour-Nord, auxquelles s’ajoutent six familles originaires de Nyala, au Darfour-Sud. Depuis le début du mois de septembre, le total des arrivées s’établit à 909 familles, soit 4 797 personnes. M. Regal a averti que les besoins croissent à un rythme largement supérieur aux capacités de la réponse humanitaire. Il a appelé les organisations humanitaires, les donateurs et les partenaires internationaux à renforcer d’urgence leur intervention, afin de garantir l’acheminement de l’aide vitale aux déplacés et aux communautés d’accueil.
Les Nations unies chiffrent à plus de 14 millions le nombre de personnes déplacées depuis le début du conflit, tandis qu’environ 28 millions sont exposées à un risque de faim aiguë. Les appels de l’ONU et de la communauté internationale à un arrêt des hostilités se multiplient, afin d’éviter au pays une catastrophe humanitaire de grande ampleur.
R.I.

