Multiplication des attaques de drones au Soudan : L’ONU sonne l’alerte
L’ONU s’est dite « profondément préoccupée » par la multiplication des frappes de drones au Soudan, après la mort d’au moins 17 civils, dont des femmes et des enfants, au Kordofan-Occidental, alors qu’un hôpital du Nil Bleu a été mis hors service lundi par une attaque attribuée aux Forces de soutien rapide (FSR).
Un hôpital de la localité de Wad Al-Mahi, dans l’Etat du Nil Bleu (sud-est du Soudan), a été rendu inopérant par une attaque de drone attribuée aux Forces de soutien rapide (FSR), qui a grièvement blessé deux membres du personnel médical, a indiqué lundi le Réseau des médecins du Soudan. Dans un communiqué, cette organisation médicale non gouvernementale a précisé que l’attaque, survenue dimanche, a visé l’hôpital Um Darfa. L’établissement a été endommagé et mis hors service, tandis que deux agents de santé ont été grièvement blessés dans l’exercice de leurs fonctions, a-t-elle souligné. Selon les premières informations, les dégâts sont considérables. Ils menacent de priver les résidents et les personnes déplacées de la région de services de santé essentiels, dans un contexte humanitaire et sanitaire de plus en plus difficile. Le Réseau a tenu les FSR pour responsables de cette agression et a appelé à mettre fin aux attaques répétées contre les installations médicales. Il a également exhorté l’ONU, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Comité international de la Croix-Rouge et les organisations humanitaires et de défense des droits humains à agir pour protéger les établissements de santé et le personnel soignant. La même organisation a averti que la poursuite des attaques contre les hôpitaux et les centres de santé affaiblit davantage le système de santé soudanais et met en danger des milliers de patients et de blessés.
Cette frappe intervient au lendemain d’un autre drame dans la même localité. Trente déplacés, dont des femmes et des enfants, y avaient été tués et des dizaines d’autres blessés vendredi dans une attaque de drone des FSR contre un centre d’accueil. Selon le gouverneur de Wad Al-Mahi, Mahgoub Al-Cheikh, 26 femmes et quatre enfants résidant dans ce centre ont péri, une attaque qu’il a qualifiée de « lâche ». Dimanche, l’ONU a, elle aussi, fait part de sa « profonde préoccupation » face aux informations faisant état de la mort de 17 civils dans des frappes de drones dans l’Etat du Kordofan-Occidental. Dans un communiqué, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations unies au Soudan a indiqué qu’une frappe avait touché le 9 octobre, à An Nuhud, un bâtiment abritant des familles déplacées. Au moins 12 civils, dont des femmes et des enfants, auraient été tués et huit autres blessés. Le même jour, une autre frappe dans la ville de Ghubaish aurait fait cinq morts parmi les civils, dont trois enfants, dans un quartier résidentiel accueillant des familles déplacées. L’OCHA a relevé que ces personnes avaient déjà été forcées de quitter leurs foyers en raison du conflit, avant d’être exposées à de nouvelles violences là où elles avaient cherché refuge. Il a qualifié de « profondément alarmante » la fréquence croissante des frappes de drones à travers le pays, avertissant que ces attaques exposent les civils à de nouveaux risques de mort, de blessures et de souffrances. Le bureau onusien a rappelé que « le droit international humanitaire doit être respecté, et les civils ainsi que les infrastructures civiles protégés ».
Le Soudan est plongé dans un conflit entre l’armée régulière et les FSR depuis avril 2023. Selon les estimations de l’ONU et de la communauté internationale, il a fait des dizaines de milliers de morts et environ 13 millions de déplacés.
Lyes Saïdi

