Culture

2e Rencontre cinématographique de Rusicada: Les enfants passent derrière la caméra

Entre 8 et 14 ans, on regarde encore les films les yeux grands ouverts, et voilà que des enfants de Skikda vont apprendre à les fabriquer. Un atelier du « petit cinéaste » vient d’ouvrir ses portes en marge de la 2e Rencontre cinématographique de Rusicada. Les jeunes participants s’y retrouveront chaque samedi pendant six mois, avec à la clé la réalisation de leur propre film. L’initiative est née dans le sillage de cette deuxième édition, inaugurée samedi soir à l’initiative de la direction de la culture et des arts. Placée sous le slogan « From script to screen », que l’on traduirait par « De l’écriture à l’écran », la manifestation s’étale sur trois jours et réserve une place aux projections de films, aux ateliers et aux séminaires thématiques. L’espace consacré aux enfants s’en distingue par sa durée, puisqu’il se prolongera bien après la fin du programme officiel.

À sa tête, le producteur et réalisateur Lotfi Farhati, qui en assure la supervision. Dans une déclaration à l’APS, il a expliqué que la démarche vise à « préparer une nouvelle génération de créateurs dans les domaines de la photographie, de la réalisation et des techniques d’éclairage et de son ». L’enjeu, à ses yeux, est de faire passer l’enfant du statut de simple spectateur d’images à celui de celui qui les crée. Le maître mot de l’atelier sera la pratique. M. Farhati a insisté sur son caractère « pratique », qui permettra aux enfants de 8 à 14 ans de traverser toutes les étapes de la fabrication d’un film. L’expérience, présentée comme inédite, mêle apprentissage, travail sur le terrain et esprit d’équipe. Les petits seront accompagnés dans la prise en main des « outils de la création artistique » afin de comprendre le langage du cinéma et de découvrir ce qui se cache, sur le plan technique comme sur le plan artistique, derrière l’image qu’ils voient à l’écran. Le superviseur y voit aussi un moyen de repérer les penchants et les capacités de chacun, avant de les orienter vers le métier du septième art qui leur conviendra le mieux. Le parcours ne s’arrêtera pas à l’enseignement. Selon la même source, l’expérience « ne se limitera pas à la formation et à l’acquisition de compétences », puisque l’atelier se conclura par un film tourné par les enfants eux mêmes, en mobilisant ce qu’ils auront appris au fil des semaines. M. Farhati décrit ce projet comme « le fruit d’une expérience collective dans la création d’une œuvre cinématographique adaptée à l’âge des petits cinéastes ». Pendant que les projections et les séminaires rythmeront les trois jours de la Rencontre, c’est donc sur la durée que se jouera à Skikda le pari de l’atelier, celui de mener ces enfants de l’écriture à l’écran, selon la formule même du slogan choisi par les organisateurs.

R.C.

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