Ministère de la Culture et des Arts : Un festival national de la Fantasia pour fixer la mémoire des cavaliers
Le ministère de la Culture et des Arts vient de doter l’équitation traditionnelle d’un rendez vous national qui lui faisait défaut. Un arrêté daté du 7 Muharram 1448, soit le 22 juin 2026, porte création du Festival culturel national de la fantasia et de ses disciplines sœurs. Le texte s’inscrit dans la stratégie du département, qui ambitionne, dit le communiqué du ministère , de « protéger le patrimoine culturel national et de valoriser ses composantes authentiques ». L’objectif affiché est de mettre en lumière la place de l’équitation traditionnelle dans l’héritage algérien. Le ministère y voit « une expression authentique de l’identité nationale » et « le prolongement d’une mémoire historique et civilisationnelle riche en valeurs et en traditions transmises de génération en génération ». Le communiqué souligne qu’il s’agit de « renforcer les mécanismes de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, de mettre en avant sa diversité et sa richesse et d’ancrer sa présence dans le paysage culturel national ». La finalité est de « garantir sa continuité et sa transmission aux générations montantes ». Le mot continuité n’a rien d’anodin, car la fantasia vit de gestes appris auprès des aînés, de père en fils et d’écurie en écurie.
Sur le terrain, la pratique ne manque pas de souffle. Selon la Fédération équestre algérienne, environ 350 associations de cavalerie traditionnelle entretiennent la flamme à travers le pays. Les jeux collectifs se répartissent entre le Temerad et la Guelba, tandis que la fantasia individuelle, à trois cavaliers au plus, se rencontre surtout dans l’Est. Les occasions de la voir ne manquent pas. Tiaret accueille son Salon national du cheval, avec ses jeux de baroud en plein air. À Bordj Benazzouz, dans la wilaya de Biskra, la quatrième édition du festival de fantasia et de baroud a réuni en 2025 une quarantaine de cavaliers venus de plusieurs wilayas, devant un public nombreux. Le pèlerinage annuel de Sidi Cheikh, à El Bayadh, convoque lui aussi les chevaux. Ces rassemblements restent pourtant locaux, portés par des associations et des moussems. Le nouveau rendez vous promet de leur donner une vitrine commune. Le ministère conclut que la décision « reflète l’attachement du secteur de la culture et des arts à la valorisation du legs culturel national, pilier de l’identité algérienne et affluent essentiel de la mémoire collective ».
Mohand S.

