Menaces américaines contre l’Iran : Khamenei met en garde contre une escalade régionale
L’ayatollah Ali Khamenei a averti dimanche que toute attaque américaine contre l’Iran déclencherait une « guerre régionale ».
Le guide suprême iranien s’est exprimé publiquement pour la première fois depuis la mi-janvier, dans un contexte de tensions croissantes avec Washington. « Les Américains doivent savoir que s’ils déclenchent une guerre, cette fois-ci ce sera une guerre régionale », a déclaré l’ayatollah Ali Khamenei, en référence aux menaces d’intervention militaire brandies par l’administration américaine depuis le mouvement de contestation qui a secoué l’Iran en début d’année. Cette déclaration intervient alors que les relations entre Téhéran et les capitales occidentales connaissent une nouvelle phase de détérioration. Les États-Unis avaient brièvement bombardé l’Iran lors d’une guerre de douze jours en juin 2025, déclenchée par l’entité sioniste. Depuis la vague de manifestations qui a secoué le pays, le président américain Donald Trump fait planer la menace d’une nouvelle attaque contre la République islamique, même si des signaux récents suggèrent une possible ouverture diplomatique entre les deux adversaires historiques.
La pression internationale s’est intensifiée avec la décision de l’Union européenne d’inscrire les Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations terroristes. Cette force militaire, créée en 1979 par le guide suprême peu après la Révolution islamique, est considérée comme l’armée idéologique du régime iranien. Extrêmement organisée, elle contrôle des pans entiers de l’économie nationale. L’UE rejoint ainsi la position des États-Unis, du Canada et de l’Australie, qui avaient déjà procédé à ce classement respectivement en 2019, 2024 et 2025.
En représailles immédiates, le Parlement iranien a adopté dimanche une résolution déclarant les armées européennes comme « groupes terroristes », « conformément à l’article 7 de la loi » sur les contre-mesures. Le président du Parlement a également indiqué que la commission de la sécurité nationale examinerait l’expulsion des attachés militaires des pays de l’UE en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères.Toutefois, des signes d’apaisement émergent également. Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré samedi soir qu’une guerre n’était dans l’intérêt ni de l’Iran ni des États-Unis, affirmant vouloir privilégier la diplomatie. Un autre haut responsable iranien a fait état de « progrès » en vue de « négociations » avec Washington. Donald Trump a confirmé que Téhéran conversait avec Washington, sans donner de précisions. « L’Iran nous parle, et nous verrons bien si nous pouvons faire quelque chose », a-t-il déclaré à la chaîne Fox News, qui presse Téhéran de conclure un accord sur le nucléaire. La République islamique est soupçonnée par les Occidentaux de vouloir se doter de l’arme atomique, accusation qu’elle dément.
La crise actuelle survient dans un contexte marqué par un mouvement de contestation en Iran encouragé par Washington et Tel-Aviv. Dimanche, Ali Khamenei a qualifié les événements de « véritable coup d’État », assurant que cette tentative avait « échoué ». Selon lui, les protestataires « ont attaqué la police, des bâtiments gouvernementaux, des casernes des Gardiens de la Révolution, des banques, des mosquées et ont brûlé le Coran ».
Lyes Saïdi

