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Ghaza : Timide réouverture de Rafah dans un contexte d’aggravation dramatique de la crise humanitaire

Le passage frontalier de Rafah, verrou vital entre Ghaza et l’Égypte, a été partiellement rouvert dimanche après plus d’un an et demi de fermeture quasi totale imposée par l’occupation sioniste. Cette timide avancée intervient alors que la situation humanitaire et sanitaire ne cesse de se détériorer dans l’enclave palestinienne assiégée, où les organisations internationales font face à des pressions croissantes de la part de l’entité sioniste pour mettre fin à leurs opérations de secours.

Selon le responsable de la communication au bureau de l’Union européenne à El Qods occupée, Shadi Othman, cité par l’agence Wafa, cette phase de fonctionnement expérimental vise à faciliter les déplacements des Palestiniens entrant et sortant de la bande de Ghaza. L’objectif principal consiste à assurer l’ouverture du terminal dans les deux sens, permettant aux habitants de circuler de manière fluide après des mois d’isolement complet. Othman a souligné que le rôle de l’Union européenne au passage de Rafah se limite au contrôle et à la supervision, conformément aux accords antérieurs, en particulier l’accord de 2005, afin de garantir le respect des normes convenues. Il a rappelé que l’organisation avait déjà été présente lors des précédentes phases d’ouverture du terminal, notamment durant la première trêve qui avait permis à plusieurs Palestiniens de quitter l’enclave. Cette réouverture partielle constitue une maigre consolation pour les deux millions de Palestiniens prisonniers du blocus imposé depuis mai 2024, lorsque l’armée d’occupation sioniste avait pénétré sur le territoire du terminal de Rafah côté palestinien, provoquant sa fermeture totale et interrompant à la fois la circulation des passagers et l’acheminement de l’aide humanitaire vers Ghaza. Depuis lors, l’enclave palestinienne s’est transformée en une prison à ciel ouvert où les conditions de vie ne cessent de se dégrader, aggravées par les bombardements incessants et le refus de l’occupation de laisser entrer les secours nécessaires à la survie de la population civile.

Dans ce contexte déjà catastrophique, une nouvelle menace plane sur les Palestiniens de Ghaza. L’organisation Médecins Sans Frontières a été sommée dimanche par l’entité sioniste de mettre fin à ses opérations dans la bande de Ghaza avant la fin du mois de février. Cette décision intervient dans un moment particulièrement critique pour le système de santé palestinien, où les hôpitaux et centres médicaux dépendent largement du soutien des organisations internationales pour assurer les soins d’urgence aux blessés et aux malades. Médecins Sans Frontières figure parmi les principales organisations médicales opérant dans l’enclave palestinienne, fournissant notamment des interventions chirurgicales d’urgence, des traitements pour les blessés et un appui aux structures de santé confrontées à une grave pénurie de personnel et de matériel médical. Le retrait forcé de cette organisation risque de priver des milliers de Palestiniens de soins vitaux et d’aggraver encore davantage une situation sanitaire déjà désastreuse.

Cette offensive contre l’aide humanitaire s’accompagne d’une intensification des bombardements meurtriers de l’armée d’occupation sioniste. 32 Palestiniens, dont des femmes et des enfants, sont tombés en martyrs dimanche dans des frappes aériennes sur la bande de Ghaza, selon la Défense civile. Le bilan depuis l’aube est monté à trente-deux martyrs, pour la plupart des enfants et des femmes, a indiqué dans un communiqué la Défense civile de Ghaza, après avoir fait état précédemment de 28 martyrs. Des appartements, des tentes, des abris et un commissariat ont été visés, a précisé son porte-parole Mahmoud Bassal, illustrant le caractère indiscriminé des attaques qui ne font aucune distinction entre cibles civiles et militaires.

Dans le quartier de Rimal à Ghaza-ville, un logement a été soufflé par l’explosion. Trois filles sont décédées dans leur sommeil et nous avons retrouvé leurs corps dans la rue, a déclaré un proche, Samer al-Atbash, témoignant de l’horreur quotidienne vécue par les familles palestiniennes. Ailleurs dans la ville, la frappe sur le commissariat a fait sept martyrs, dont des civils présents dans les locaux à ce moment-là, selon la direction générale de la police. Une tente abritant des déplacés à Khan Younès dans le sud de l’enclave a également été touchée, et sept membres d’une même famille, dont un enfant, sont tombés en martyrs. Lors d’une autre attaque non loin de là, l’armée sioniste a frappé un abri à al-Mawassi, un secteur où des dizaines de milliers de Ghazaouis déplacés ont installé des tentes et des abris de fortune, cherchant désespérément une sécurité qui leur est systématiquement refusée.

Ces massacres quotidiens s’inscrivent dans le cadre d’une agression génocidaire qui ne faiblit pas malgré les appels internationaux. Le bilan de l’agression sioniste contre la bande de Ghaza s’est alourdi à 71.795 et 171.551 blessés, en majorité des femmes et des enfants, depuis le 7 octobre 2023, selon les autorités sanitaires palestiniennes. Les corps de 26 martyrs et 68 blessés ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza au cours des dernières 24 heures, a indiqué la même source, notant que de nombreuses victimes se trouvent encore sous les décombres, privées de toute assistance en raison de l’obstruction systématique des équipes de secours par les forces d’occupation.

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 523 Palestiniens sont tombés en martyrs et 1.443 autres ont été blessés, tandis que les corps de 715 martyrs ont été récupérés. Ces chiffres démontrent que même durant les périodes de trêve, l’occupation sioniste poursuit méthodiquement son entreprise de destruction et d’élimination du peuple palestinien.

L.S.

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