Sonatrach : Un contrat d’un milliard de dollars pour le développement du champ de Hassi Bir Rekaiz
Alger a accueilli mardi la signature de deux accords stratégiques entre Sonatrach et ses partenaires égyptiens, marquant une nouvelle étape dans le rapprochement énergétique algéro-égyptien : un contrat EPC d’un milliard de dollars pour le développement du champ de Hassi Bir Rekaiz et un mémorandum ouvrant la voie à des exportations régulières de produits pétroliers vers Le Caire. La cérémonie, coprésidée par le ministre d’État chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, et son homologue égyptien du Pétrole et des Ressources minérales, Karim Ibrahim Ali Badawi, s’est tenue en présence du PDG de Sonatrach, Nour Eddine Daoudi, ainsi que des dirigeants des sociétés signataires.
Le premier et le plus structurant de ces deux accords est un contrat d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction — dit contrat EPC — portant sur le développement du champ de Hassi Bir Rekaiz, situé dans le bassin de Berkine, aux confins des wilayas d’Ouargla et d’El Oued. Sonatrach et son partenaire thaïlandais PTTEP, codétenteurs du permis d’exploitation, ont confié ce chantier à un consortium associant la société égyptienne Petrojet et l’italienne Arkad. Le montant du contrat, révélé lors de la cérémonie, dépasse le milliard de dollars. Waleed Lotfy, président du conseil d’administration de Petrojet, était d’ailleurs présent à Alger pour parapher l’accord.
Le second texte signé mardi est d’une nature différente, mais potentiellement tout aussi décisif sur le long terme. Il s’agit d’un mémorandum d’entente entre Sonatrach et la Compagnie pétrolière nationale égyptienne, l’EGPC, dont le directeur général Salah El-Din Abdel Kerim avait fait le déplacement. Ce mémorandum est présenté comme un préalable à la conclusion de contrats fermes de vente de pétrole brut et de produits pétroliers de Sonatrach vers l’Égypte — une orientation inédite qui placerait l’Algérie en position de fournisseur régulier de son voisin nord-africain.
Ces deux signatures sont le résultat direct de la visite de travail effectuée par le ministre égyptien Karim Badawi en Algérie, à l’invitation de Mohamed Arkab. Selon le communiqué du ministère des Hydrocarbures, cette visite s’inscrit dans « le cadre du renforcement et de la dynamisation de la coopération bilatérale entre l’Algérie et l’Égypte dans le domaine des hydrocarbures ». Elle vise, précise le même texte, à « examiner les voies de développement du partenariat entre le groupe Sonatrach et les entreprises égyptiennes, et à explorer de nouvelles opportunités de coopération et d’investissement, notamment dans les secteurs du pétrole et du gaz ».
Reçu avec les honneurs au salon d’honneur de l’aéroport Houari-Boumediene, le ministre égyptien était à la tête d’une délégation nombreuse, comprenant des cadres du ministère et les dirigeants des deux entreprises directement parties prenantes aux accords. Pour Sonatrach, ces deux accords s’inscrivent dans une stratégie de montée en puissance à l’international et de diversification de ses débouchés commerciaux. La compagnie nationale cherche à la fois à accélérer le développement de ses ressources — dont Hassi Bir Rekaiz — et à consolider sa présence sur les marchés régionaux en tant qu’exportatrice. Le bassin de Berkine, déjà productif, recèle des réserves dont la valorisation nécessite des investissements lourds en infrastructures : c’est précisément l’objet du contrat engagé ce mardi.
Sabrina Aziouez

