Ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset : Le projet franchit un cap décisif
Le Gouvernement a franchi mercredi une étape décisive dans le projet de la grande ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset. Réuni sous la présidence du Premier ministre Sifi Ghrieb, il a examiné « un projet de décret exécutif portant déclaration d’utilité publique l’opération relative à la réalisation de la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset, dans les tronçons El-Meniaâ-In Salah et In Salah-Tamanrasset », selon le communiqué des services du Premier ministre. Le texte en question couvre un linéaire considérable. Le communiqué précise que « les deux tronçons, El-Meniaâ-In Salah sur un linéaire de 410 km et In Salah-Tamanghasset sur 676 km, s’inscrivent dans le cadre du projet de réalisation de la ligne ferroviaire Alger-Tamanghasset sur plus de 2.400 km ». Plus de mille kilomètres de voie ferrée à tracer en plein Sahara, sur un axe qui, une fois achevé, sera l’un des plus longs du continent africain.
Sur les retombées attendues, la Primature est explicite. Ce projet « va contribuer grandement à soutenir le développement du transport ferroviaire dans les hauts plateaux et le sud du pays et, par conséquence, l’amélioration des conditions de vie et la promotion de la croissance économique inclusive dans la région ». La déclaration d’utilité publique ouvre la voie, rappelons-le, aux procédures d’emprise foncière indispensables au lancement effectif des travaux.
L’annonce s’inscrit dans une séquence révélatrice. Dix jours plus tôt, en marge d’Algeria Rail Expo 2026 à Oran, Kherfi Djamel-Eddine, chef du département Développement à la Société d’Études Techniques de Sétif, filiale du groupe GEICA, annonçait à l’APS que l’étude technique du tronçon In Salah-Tamanrasset — 680 kilomètres — venait d’être bouclée et remise à l’ANESRIF. Le tracé prévoit huit gares, dont In Salah, Arak, Moulay-Lahcene, Tit et Tamanrasset, ainsi que des ouvrages d’art imposants : onze kilomètres de grands ponts et 65 ouvrages de franchissement. L’attribution du marché d’exécution restait alors la seule pièce manquante. Sur les enjeux régionaux, les responsables du secteur avaient été clairs à Oran : une ligne atteignant Tamanrasset ouvrirait un corridor logistique vers les pays du Sahel, enclavés et demandeurs d’un accès aux ports algériens. C’est l’axe Nord-Sud que l’Algérie défend dans sa politique d’intégration africaine depuis plusieurs années.
Amar Malki

