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Elles décrochent le bronze continental et un billet pour le Brésil : Les Vertes entrent dans l’histoire

L’équipe nationale féminine de football a décroché, samedi soir au stade olympique de Rabat, la médaille de bronze de la Coupe d’Afrique des nations 2026, en dominant le Maroc aux tirs au but (3-2) au terme d’une petite finale à suspense conclue sur un score de parité (1-1) à l’issue du temps réglementaire, un résultat qui vaut à l’Algérie sa toute première médaille dans l’histoire de la compétition et confirme, dans la foulée, sa qualification pour la Coupe du monde 2027 au Brésil.

Menées au score une bonne partie de la rencontre, les joueuses de Farid Benstiti ont dû attendre la 83e minute pour recoller au tableau d’affichage, grâce à une réalisation de Lina Boussaha, élue meilleure joueuse du match. Ce but libérateur a précipité les deux équipes vers une séance de tirs au but à haute tension, remportée 3-2 par les Algériennes, la gardienne Chloé N’Gazi se montrant décisive à plusieurs reprises face aux tireuses marocaines.

Septième participation de l’Algérie à une phase finale de CAN dames, cette édition restera comme celle de tous les records pour la sélection de la capitaine Marine Dafeur. Jamais les Vertes n’avaient atteint le dernier carré d’une CAN, étape franchie cette année et qui avait déjà, à elle seule, validé le billet pour le Mondial 2027. La médaille de bronze est donc venue s’ajouter, quelques jours plus tard, à cette première historique, offrant à la sélection un doublé qu’aucune génération n’avait réalisé avant elle.

Longtemps réduites au rang de simple lot de consolation dans l’imaginaire collectif, les petites finales ont pourtant, cette fois, été vécues par le groupe algérien avec l’intensité d’une véritable finale. « On avait abordé ce match comme une finale, car nous avons senti qu’on avait quelque chose à gagner, et ce qui nous a davantage motivées, c’est tout simplement d’entrer dans l’histoire de l’équipe féminine d’Algérie », a expliqué Lina Boussaha à l’issue de la rencontre, avant de résumer, non sans émotion, la portée de cette double performance. « C’est fabuleux, offrir à notre pays son premier mondial en football féminin était déjà une première, et le monter sur le podium africain, c’est l’apothéose », a-t-elle affirmé.

Même son de cloche du côté du sélectionneur national, qui n’a jamais caché sa détermination à aller chercher cette troisième place plutôt que de gérer l’après-demi-finale en mode mineur. « On ne pouvait pas s’arrêter là, a-t-il indiqué. On devait aussi respecter la compétition et jouer notre chance à fond. » Un discours qu’il avait déjà tenu à la veille du match devant son groupe. « Je crois que quand on arrive dans cette position, après les poules, le quart de finale et la demi-finale, en effet, on ne peut pas lâcher cette troisième place. »

Un tournant pour le football féminin algérien

Au-delà de l’anecdote sportive, Farid Benstiti a surtout insisté sur la capacité de ses joueuses à se relever après la désillusion de l’élimination en demi-finale, quelques jours plus tôt. « Le soutien des instances et la force de ce groupe nous ont permis de tenir, d’arriver jusqu’ici et de réaliser cet exploit unique pour l’Algérie. Il fallait vite se remobiliser pour aller chercher la 3e place et continuer à faire grandir cette sélection », a-t-il souligné, saluant au passage l’état d’esprit collectif qui a porté l’équipe tout au long du tournoi africain.

Ce bronze continental, adossé à une qualification mondiale inédite, dépasse le simple cadre du résultat sportif. Il vient couronner un travail de fond mené depuis plusieurs saisons autour de la sélection, avec l’appui des structures sportives nationales et des pouvoirs publics dans l’accompagnement du football féminin et du sport d’élite. Sous la conduite de Farid Benstiti, technicien franco-algérien arrivé à la tête du groupe avec l’ambition affichée de faire franchir un palier à une génération jusque-là restée aux portes des demi-finales continentales, l’équipe a construit, match après match, la confiance nécessaire pour ne plus se contenter de participer.

Autour de la capitaine Marine Dafeur, repère défensif du groupe tout au long du tournoi, et d’éléments offensifs en pleine éclosion comme Lina Boussaha, la sélection algérienne a affiché une solidité collective qui lui a permis d’encaisser les revers de parcours, dont l’élimination en demi-finale, sans se disloquer. La performance de la gardienne Chloé N’Gazi lors de la séance fatidique des tirs au but restera elle aussi comme l’un des symboles de cette CAN version 2026, où chaque étape franchie a eu valeur de première historique pour le football féminin national.

Reste à transformer l’essai. Au lendemain de ce succès, la fédération et le staff technique auront pour mission de capitaliser sur cet engouement pour densifier la détection des jeunes talents et donner corps à une nouvelle génération de Vertes, avec le rendez-vous brésilien de 2027 déjà en ligne de mire. Un objectif que la génération actuelle, auteure d’un doublé qu’aucune de ses devancières n’était parvenue à réaliser, a désormais la responsabilité et les arguments de préparer.

Moncef Dahleb

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