Accusations de double signature avec le MCA et l’EST : Belaïli contre-attaque, l’affaire vire au contentieux
Le feuilleton autour de Youcef Belaïli a connu un nouveau rebondissement ce week-end. Le joueur qui récemment retrouvé l’ES Tunis est accusé de double signature alors que le MCA affirme détenir un contrat avec l’international en bonne et due forme.
Après le communiqué offensif du Mouloudia d’Alger, qui affirme détenir un engagement paraphé de la main de l’attaquant international, l’intéressé a choisi de répliquer en direct, samedi, sur les ondes d’El Heddaf. L’international algérien conteste la lecture faite de son dossier par le club algérois et assure que le document en question n’a jamais eu la portée d’un contrat définitif. Selon sa version, le texte signé avec le Doyen n’était qu’un pré-accord, conditionné à la levée de sa suspension, et frappé d’une échéance de dix jours. « J’étais sous le coup d’une sanction, et mon engagement avec le MCA devait tomber au bout de dix jours », a-t-il expliqué, avant d’ajouter que ce pré-contrat était désormais caduc au moment où l’Espérance de Tunis a officialisé son retour. Le natif d’Oran s’est également agacé de la manière dont l’épisode a été présenté au public, lançant à l’attention de ses détracteurs de cesser de déformer les faits, et justifiant son choix final par l’insistance du club tunisien à son égard.
Cette sortie tranche pourtant avec le premier réflexe du clan Belaïli. Son père et manager, Hafid Belaïli, avait d’emblée opposé un démenti sec aux affirmations mouloudéennes, niant toute signature officielle et pointant les versions changeantes du club algérois, d’abord un simple accord de principe, ensuite un engagement ferme. Il avait rappelé que son fils séjournait en Tunisie depuis plusieurs semaines pour boucler son dossier avec l’Espérance, mettant ainsi en doute la possibilité matérielle d’une signature à Alger.
La réplique du MC Alger, portée par son manager général et porte-parole Djamel Benlamri, n’a pas tardé. L’ancien international a balayé les accusations de son ancien coéquipier, rappelant que le club ne se serait jamais engagé publiquement sans disposer d’un document juridiquement solide. Il a révélé que le contrat comportait une clause suspensive, son entrée en vigueur étant subordonnée à la levée officielle de la sanction disciplinaire pesant sur le joueur, précisant au passage que le père du joueur n’était pas physiquement présent lors de la signature. Benlamri affirme par ailleurs avoir été sollicité en coulisses par le clan Belaïli pour une médiation, avant d’annoncer que le MCA comptait réclamer le certificat international de transfert auprès de l’Espérance et, en cas de refus, saisir directement la FIFA.
Ce que prévoit le règlement de la FIFA
Au-delà des versions qui s’affrontent, c’est bien le calendrier des signatures qui pourrait trancher le litige. D’après des éléments rapportés par El-Khabar, Belaïli aurait apposé sa signature en faveur du Mouloudia dès le 10 juillet, dans un hôtel de la capitale, pour un salaire estimé à 1,9 milliard de centimes sur deux saisons, tandis que l’Espérance n’a officialisé son propre engagement que le 14 août, soit 35 jours plus tard. Un écart qui n’est pas anodin au regard du règlement du statut et du transfert des joueurs (RSTJ) de l’instance mondiale.
Selon l’article 18, un footballeur professionnel ayant signé plusieurs contrats couvrant une même période bascule automatiquement dans le régime disciplinaire prévu pour la rupture de contrat sans juste cause. Pire pour le club tunisien, l’article 17 instaure une présomption d’incitation à la rupture lorsqu’un joueur s’engage avec un nouvel employeur dans les 45 jours suivant la fin de son précédent contrat. Avec un intervalle de 35 jours, cette présomption jouerait automatiquement contre l’Espérance, qui devrait alors apporter la preuve de sa bonne foi. Le même article prévoit une responsabilité financière solidaire entre le joueur fautif et son nouveau club, ce qui exposerait potentiellement les Sang et Or à devoir répondre, aux côtés de Belaïli, d’un préjudice financier réclamé par le MCA, une note qui, sur la base du contrat évoqué et de la durée restante de l’engagement, pourrait avoisiner les 48 milliards de centimes.
Reste l’argument brandi par le joueur. L’absence d’enregistrement du contrat auprès de la Ligue de football professionnel dans le délai réglementaire de dix jours, censé le priver de toute valeur. Un raisonnement recevable sur le plan strictement interne, mais qui ne pèse guère devant les instances de Zurich, lesquelles examinent la validité d’un contrat indépendamment des formalités de qualification propres à chaque fédération. Pour rompre un tel engagement de façon unilatérale et sans conséquence, la procédure exige une mise en demeure préalable et une notification écrite en bonne et due forme, une démarche dont rien n’indique, à ce jour, qu’elle ait été initiée par le camp du joueur.
Déjà suspendu un an par la FIFA en mars dernier pour usage d’un faux document lors de son passage à l’AC Ajaccio, avant d’obtenir gain de cause devant le Tribunal arbitral du sport, Belaïli s’expose donc à un nouvel examen disciplinaire, cette fois pour double signature. Entre la détermination affichée du MC Alger, la position de l’Espérance de Tunis et les versions contradictoires distillées par le clan du joueur, le dossier semble désormais promis à un règlement devant les organes juridictionnels de la FIFA plutôt que sur les réseaux sociaux ou les plateaux de télévision.
Moncef D.

