Sur fonds de tensions dans le détroit d’Ormuz : Le pétrole continue de monter
Les cours du pétrole ont encore progressé mercredi, portés par l’impasse diplomatique entre Washington et Téhéran, tandis qu’aux Etats-Unis les réserves commerciales de brut ont augmenté bien plus que prévu la semaine dernière, un signal de demande intérieure moins vigoureuse qui vient nuancer la tension observée sur les prix.
Vers 10H10 GMT, le baril de Brent pour livraison en octobre gagnait 1,01 %, à 91,94 dollars, pendant que le West Texas Intermediate américain, pour livraison en septembre, avançait de 1,00 %, à 85,79 dollars. Cette hausse fait suite à la déclaration de Donald Trump mardi, selon laquelle aucune discussion n’était en cours avec l’Iran. Sur son réseau Truth Social, le président américain a assuré que « le détroit d’Ormuz est ouvert et fonctionnel » et que « toutes les mines marines ont été enlevées ou déclenchées ». Téhéran, de son côté, maintient que son emprise sur ce passage stratégique reste intacte.
Pour Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, la circulation réelle dans le détroit dépasse largement ce que suggèrent les données du système d’identification automatique des navires, nombre de bateaux coupant leur transpondeur pour franchir la zone sans attirer une frappe iranienne.
Si le brut n’affiche qu’une hausse mesurée, l’écart se creuse ailleurs. Ole Hansen, de Saxo Bank, relève que « le calme relatif sur le marché du brut contraste de plus en plus avec des conditions extraordinaires sur celui des produits raffinés, dont le diesel est l’exemple le plus flagrant », l’écart entre le Brent et le diesel ayant atteint des niveaux inédits. Il rattache ce déséquilibre au rôle des producteurs moyen-orientaux, exportateurs à la fois de brut et de produits raffinés, et aux frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, qui ont amputé une autre source majeure d’approvisionnement mondial en diesel.
Cette poussée des prix trouve un contrepoint outre-Atlantique. Selon le rapport hebdomadaire de l’Agence américaine d’information sur l’énergie, les stocks commerciaux de brut ont grimpé d’environ 4,4 millions de barils sur la semaine close le 14 août, loin des 200 000 barils attendus par le marché. Les raffineries ont tourné à plein régime, à 97,2 % de leurs capacités contre 96,5 % la semaine précédente, et la production nationale a progressé d’environ 25 000 barils par jour. Mais la demande intérieure s’est repliée sous les 20 millions de barils quotidiens, tirée vers le bas par un recul de la consommation d’essence et de kérosène.
R.E.

