Économie

Approvisionnement gazier et transition énergétique : L’UE mise sur l’Algérie

Pour la première fois de son histoire, l’Union européenne sera présente au Salon et à la Conférence sur l’énergie et l’hydrogène en Afrique et en Méditerranée, le NAPEC, dont la 14e édition se tient du 5 au 7 octobre au Centre des conventions d’Oran, un signal politique fort à l’heure où Bruxelles cherche à sécuriser ses approvisionnements tout en accélérant sa mutation bas carbone. Le choix du moment n’a rien d’anodin. Le marché énergétique mondial reste sous tension, pris en étau entre les crises géopolitiques qui se superposent, les incertitudes sur les routes d’approvisionnement et la volatilité persistante des prix. Dans ce paysage instable, l’Europe a compris qu’elle ne pouvait plus compter sur des fournisseurs de circonstance. L’ambassadeur de l’Union européenne à Alger, Diego Mellado Pascua, l’a dit sans détour en déclarant que l’Algérie est un partenaire fiable de l’Union et que cette participation traduit la volonté d’approfondir la coopération dans le secteur. Face aux défis de la transition, a-t-il ajouté, il faut consolider un partenariat durable, tourné vers l’innovation et l’avenir, au bénéfice des citoyens et des économies des deux rives.

Concrètement, la délégation européenne multipliera les rencontres institutionnelles de haut niveau et les sessions thématiques, et tiendra un stand dédié aux projets soutenus par l’UE et ses États membres en Algérie et en Méditerranée. Le programme TaqatHy+, consacré à la chaîne de valeur de l’hydrogène renouvelable, sera mis à l’honneur, tout comme le Pacte pour la Méditerranée et l’initiative T-MED, qui mise sur les renouvelables, l’hydrogène et l’intégration des systèmes énergétiques, avec l’appui des régulateurs de MEDREG et des gestionnaires de réseaux de MEDGEM. Une conférence sur l’investissement dans les énergies renouvelables réunira par ailleurs acteurs publics, institutions financières et industriels pour identifier les mécanismes capables de faire passer les projets du papier au terrain.

Les États membres ne restent pas en retrait. Les Pays-Bas dépêchent une délégation de premier plan conduite par l’ambassadrice Anne Elisabeth Luwema, avec des groupes comme STX Group, Mokveld, Oxycom et Van Leeuwen, ainsi que l’Agence néerlandaise pour l’entrepreneuriat. L’enjeu est la finalisation d’un protocole d’entente bilatéral sur l’hydrogène vert et les technologies décarbonées. La Haye voit en Alger un fournisseur compétitif dans la perspective du corridor sud méditerranéen, et les discussions porteront sur le cadre d’investissement, le co-développement de capacités de production et le transport par voie maritime ou par gazoducs adaptés. Les Néerlandais promettent aussi un transfert de savoir-faire et la formation d’ingénieurs algériens. La Suisse, elle, joue la carte de l’expertise industrielle. Son ambassade et les entreprises Holcim, ABB et SGS animeront dès le 5 octobre un colloque sur la décarbonation et l’efficacité énergétique, ouvert sur inscription. ABB déploie des compteurs intelligents et des systèmes de gestion centralisée dans l’industrie et les infrastructures gazières, pétrolières et solaires. Holcim El-Djazaïr défend son ciment bas carbone ECOPlanet et la valorisation des déchets avec Geocycle. SGS, de son côté, certifie les systèmes de management de l’énergie selon la norme ISO 50001.

Au fond, le NAPEC 2026 dessine un double mouvement. L’Europe vient chercher en Algérie la sécurité d’approvisionnement dont elle a besoin aujourd’hui, mais elle y projette aussi l’énergie de demain, celle de l’hydrogène et des renouvelables.

Amar Malki

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