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Zerrouki au MWC de Barcelone : « La politique du spectre représente une décision souveraine »

En marge du Congrès mondial de la téléphonie mobile, le ministre des Télécommunications a défendu une vision souverainiste et développementaliste de la gestion des fréquences, s’opposant à la logique purement financière qui domine les débats internationaux sur le sujet. Réuni du 3 au 6 mars dans la capitale catalane, le Mobile World Congress — le plus grand rassemblement international dédié aux télécommunications et aux technologies numériques — a accueilli le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, à la tête d’une délégation composée de représentants d’entreprises nationales du secteur et de start-up spécialisées dans les applications de messagerie. C’est lors de la réunion ministérielle consacrée aux « Défis des spectres de fréquences et renouvellement des licences pour un investissement durable » que le ministre a livré une prise de position remarquée. Pour Zerrouki, la question du spectre radiofréquence — cette ressource invisible mais vitale qui conditionne le déploiement de toute infrastructure mobile, de la 4G à la future 6G — ne saurait être réduite à une simple variable budgétaire. « La politique du spectre représente une décision souveraine, économique et stratégique », a-t-il affirmé devant ses homologues, posant d’emblée le cadre d’une réflexion qui dépasse la seule logique comptable. Selon lui, « l’objectif de la tarification du spectre ne devrait pas se limiter à la maximisation des recettes des enchères, mais viser essentiellement le renforcement de la communication numérique et la stimulation de la croissance économique ». Une position qui tranche avec la tendance observée dans de nombreux pays, où les gouvernements ont fait des attributions de fréquences un instrument de recettes publiques, parfois au détriment du déploiement effectif des réseaux. Le ministre a été plus explicite encore sur les effets pervers d’une fiscalité excessive sur les opérateurs : « les taxes élevées sur le spectre sont susceptibles de retarder les investissements dans les infrastructures numériques, notamment en ce qui concerne le déploiement des réseaux 5G et 6G ». Face à ce risque, il a plaidé pour des « approches équilibrées à même d’encourager les investissements à long terme dans le secteur » — une formule qui résume une doctrine : favoriser l’expansion des réseaux plutôt que d’optimiser les recettes à court terme.

Cette intervention s’inscrit dans une démarche plus large de repositionnement de l’Algérie sur la scène technologique internationale. La composition même de la délégation algérienne présente à Barcelone — incluant des start-up nationales aux côtés des grands opérateurs — illustre la volonté de l’État de montrer l’étendue de son écosystème numérique émergent. La participation au MWC relève ainsi, selon le ministère, de « l’engagement de l’État à renforcer sa présence dans l’espace technologique et numérique international et à développer des partenariats stratégiques » susceptibles de soutenir les transformations en cours et d’élargir les opportunités d’investissement dans le secteur.

Samir Benisid

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