Économie

La plateforme numérique rouverte jusqu’au 30 avril avec un cadre strict / Importation d’intrants : des banques écartées

Le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations a annoncé lundi la réouverture, du 14 au 30 avril, de la plateforme numérique dédiée à l’importation des matières premières et des équipements de production. Une fenêtre étroite, ouverte à des cas bien précis, qui intervient au lendemain d’une réunion de travail entre le ministre Kamel Rezig et les représentants du secteur bancaire sur les difficultés de domiciliation rencontrées par les opérateurs économiques.

Le recours à cette plateforme est cette fois-ci strictement conditionné. Selon le communiqué du ministère, « il sera procédé au traitement des demandes complémentaires accompagnées des pièces justificatives au format PDF relatives aux cas de force majeure — inondations, incendies, accidents exceptionnels, pannes techniques — à l’enregistrement d’une augmentation des lignes ou des capacités de production, ou à la signature d’un nouveau contrat d’exportation ». Tout écart à ces critères sera sans appel : « toutes les demandes ne correspondant pas à ces cas seront systématiquement rejetées », prévient le ministère sans ambiguïté.

Ce cadrage rigoureux reflète la volonté des autorités de maîtriser les flux d’importation d’intrants, dans une logique de rationalisation des dépenses en devises tout en préservant la continuité de l’appareil productif national. En n’ouvrant la plateforme qu’à des situations dûment justifiées, le ministère entend éviter tout contournement du programme prévisionnel d’importation (PPI) établi en début de semestre.

Le communiqué aborde également une question sensible : le retrait d’agrément de commerce extérieur à certaines banques commerciales. Sans en préciser l’identité, le ministère indique que ces établissements ne sont plus habilités à traiter les opérations d’importation et d’exportation. Face à cette situation, les opérateurs concernés sont invités à « prendre attache avec la banque de domiciliation figurant dans le programme prévisionnel ». Une instruction claire, qui exclut toute latitude de transfert d’un établissement à un autre : les demandes de changement de domiciliation bancaire d’une banque à une autre « sont rejetées quel qu’en soit le motif », rappelle fermement le communiqué. Une souplesse minimale est néanmoins prévue pour les changements d’agence au sein d’une même banque. Les opérateurs souhaitant procéder à ce type de modification sont invités à adresser une demande par courriel à l’adresse banque@mcepe.gov.dz, en joignant l’identifiant de la demande, le motif du changement, les relevés d’identité bancaire ancien et nouveau, ainsi qu’un numéro de téléphone.

Cette annonce fait suite à la réunion de travail présidée dimanche par le ministre Rezig avec une délégation de l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers (ABEF), conduite par son délégué général Rachid Belaid. Selon le communiqué ministériel, les échanges ont porté sur « les différentes questions et préoccupations soulevées par les opérateurs économiques, notamment celles relatives aux opérations de domiciliation bancaire relatives aux programmes prévisionnels d’importation pour le premier semestre de l’année en cours ». L’objectif affiché : « assurer le bon déroulement des opérations commerciales extérieures et faciliter les procédures au profit des entreprises économiques. »

Le calendrier serré de cette réouverture — seize jours seulement — conjugué à la sévérité des critères d’éligibilité donne la mesure de la pression qui s’exerce sur les entreprises industrielles tributaires d’approvisionnements extérieurs, dans un contexte où la maîtrise de la balance commerciale reste une priorité constante pour les autorités algériennes.

Samir Benisid

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