Alors que les bombes continuent de s’abattre sur Ghaza : L’UE réaffirme son soutien aux Palestiniens, mais peine à s’unir
Alors que les bombes continuent de s’abattre sur Ghaza et que le bilan de l’agression génocidaire sioniste dépasse désormais les 72.553 martyrs et 172.296 blessés depuis le 7 octobre 2023, l’Union européenne a choisi Bruxelles, lundi, pour afficher publiquement son attachement à la cause palestinienne. La réunion de l’Alliance mondiale pour la solution à deux États a réuni la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas aux côtés du premier ministre palestinien Mohammed Mustafa, dans un contexte où Washington et Tel-Aviv poursuivent leur offensive commune au Moyen-Orient. « Nous nous retrouvons au milieu de la tempête », a sobrement constaté le chef de la diplomatie belge Maxime Prévot. La formule résume bien l’embarras européen : l’UE se veut défenseur d’une paix juste, mais reste profondément divisée sur les moyens de la faire respecter. Mohammed Mustafa, qui cumule ses fonctions de premier ministre et de ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, a appelé à saisir « une étroite opportunité concrète de passer de la guerre à une paix juste et durable ». Principal bailleur de fonds de l’Autorité palestinienne, Bruxelles conditionne toutefois son soutien à des réformes institutionnelles, une exigence que certains responsables palestiniens jugent malvenue en temps de guerre.
Car derrière les déclarations de principe, les Vingt-Sept restent paralysés. Les propositions visant à suspendre l’accord d’association avec l’entité sioniste ou à sanctionner des colons extrémistes butent sur des vétos, celui de la Hongrie en tête. L’Espagne, l’Irlande et la Slovénie poussent pour des mesures plus fermes, mais le consensus reste hors de portée.
Sur la scène internationale, d’autres voix se font entendre avec moins de ménagement. Réuni dimanche à Istanbul lors de la 5e Conférence du Réseau parlementaire du Mouvement des non-alignés, le président du Parlement arabe Mohammed ben Ahmed Al-Yamahi a exigé une prise de position « ferme et claire » contre la loi israélienne autorisant l’exécution de prisonniers palestiniens. « Il est inconcevable qu’un tel rassemblement parlementaire international n’adopte pas une position claire face à une législation raciste ouvrant la voie à l’exécution de milliers de prisonniers innocents », a-t-il lancé. Depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 777 Palestiniens supplémentaires ont été tués à Ghaza et 2.193 autres blessés, selon les autorités sanitaires palestiniennes.
L’Europe parle de paix. Ghaza enterre ses morts.
L.S.

