USMA – Zamalek : un choc pour la finale
Un nul arraché à Safi, un but à l’extérieur qui suffit, et l’USM Alger se retrouve en finale de la Coupe de la Confédération.
Dimanche soir, au Maroc, les Rouge et Noir ont fait le strict nécessaire : tenir, ne pas s’effondrer, marquer une fois. C’était suffisant. En face, le Zamalek avait déjà réglé son affaire plus tôt, en éliminant le CR Belouizdad sur le même format comptable, un but à l’aller, un zéro au retour. Résultat : le 9 mai prochain, au stade du 5-Juillet, deux des clubs les plus titrés du continent africain s’affronteront pour un trophée. 26 ans après la JSK et Al-Ismaïly, l’Algérie et l’Égypte se retrouvent face à face au sommet d’une compétition continentale de clubs. Ce n’est pas un hasard. C’est une configuration que le football africain réclamait depuis longtemps. Lamine Ndiaye n’a pas cherché à minimiser l’obstacle. Le technicien sénégalais de l’USMA sait exactement ce qui attend son équipe, et il l’a dit sans détour au sortir du match contre Safi. « La finale ne sera facile pour aucune des deux équipes », a-t-il déclaré. Puis, avec le calme de ceux qui ont fait le tour des vestiaires africains, il a ajouté : « Le Zamalek est un grand club, riche d’une grande expérience des compétitions africaines. Nous nous préparerons avec soin et aborderons ces matchs avec le sérieux qu’ils méritent. » Pas d’envolée lyrique, pas de promesses. Une lucidité froide qui, paradoxalement, inspire plus confiance que les discours conquérants d’avant-match.
Car le Zamalek n’est pas un adversaire ordinaire. Le club cairote est l’un des rares doubles vainqueurs de la Coupe de la Confédération dans sa formule actuelle, lancée en 2004. Il figure dans un cercle très restreint aux côtés de l’ES Sahel, du Raja Casablanca et du TP Mazembe. Actuellement en tête du championnat égyptien, il arrive en finale dans une forme que son parcours en compétition africaine confirme : solide défensivement, expérimenté dans la gestion des matchs à double confrontation, capable de faire le dos rond avant de frapper. Ce sont précisément les qualités qui rendent les finales aller-retour si imprévisibles.
L’USMA, de son côté, aborde ce rendez-vous avec un statut particulier. En atteignant cette finale, le club d’Alger devient le premier club algérien à disputer deux fois la finale de la Coupe de la Confédération dans sa version moderne. En 2023, les Rouge et Noir avaient décroché le titre face aux Tanzaniens de Young Africans, un succès construit sur deux matchs maîtrisés : 2-1 à l’aller, 1-0 à domicile au retour. Avant cela, il y avait eu la finale de Ligue des champions en 2015, perdue face au TP Mazembe sur des scores sans appel. Le club a donc connu les deux faces de ce genre de rendez-vous. Il sait ce que coûte une finale perdue. Ndiaye l’a formulé sobrement : « Atteindre la finale est un accomplissement important, mais nous voulons plus. Nous voulons être compétitifs et tenter de ramener le trophée. »
Un deuxième sacre placerait l’USMA dans une catégorie à part dans le football algérien, et au-delà. Rejoindre Zamalek, ES Sahel, Raja et Mazembe dans le cercle des doubles lauréats, c’est s’inscrire durablement dans la cartographie du football continental. Pour un club dont la réputation dépasse largement ses frontières, mais dont le palmarès africain restait jusqu’ici limité à un seul titre, l’enjeu est considérable.
La dimension historique de la confrontation n’échappe à personne. En 2000, la JS Kabylie avait battu Al-Ismaïly en Coupe de la CAF grâce à la règle des buts à l’extérieur, après un 1-1 en Égypte et un 0-0 à domicile. Une finale crispée, décidée sur un détail arithmétique, mais qui avait marqué les esprits. 26 ans plus tard, le scénario de qualification de l’USMA contre Safi présente une symétrie troublante : 0-0 à Alger, 1-1 à l’extérieur, qualification par les buts à l’extérieur. Comme si le football avait le goût des résonances.
La dernière fois que les deux finalistes se sont croisés remonte à 2017, en phase de groupes de la Ligue des champions. Match aller au Caire : 1-1. Retour au 5-Juillet : 2-0 pour l’USMA. Un précédent favorable aux Algériens, même si neuf ans dans le football africain, c’est une éternité. Les effectifs ont changé, les staffs aussi, les contextes ne sont jamais vraiment comparables. Ndiaye ne s’appuie pas sur ce souvenir. Il préfère regarder devant : « Nous allons y aller étape par étape. » Avant de penser à la finale, l’USMA a d’autres obligations. Le 24 avril, le club se déplace à Batna pour une demi-finale de la Coupe d’Algérie contre le CA Batna, pensionnaire de Ligue 2. Un match sur le papier abordable, mais qui intervient dans une période de surcharge calendaire. Gérer la fraîcheur physique des joueurs, maintenir la concentration sur deux fronts simultanément, éviter les blessures dans les semaines décisives : c’est le vrai défi de Ndiaye jusqu’au coup d’envoi du 9 mai. Le retour est prévu le 16 mai au Caire, dans un Stade International dont l’atmosphère est connue pour peser sur les visiteurs. Deux matchs, deux ambiances, deux logiques différentes. Lamine Ndiaye résume bien ce qui attend ses joueurs : « La finale sera très difficile. »
Moncef Dahleb
Cinq joueurs de l’USMA et du CRB dans l’équipe type
L’équipe type des demi-finales retour de la Coupe de la Confédération africaine de football a été marquée par une présence notable des joueurs de l’USM Alger, représentés par quatre noms, contre un joueur pour le CR Belouizdad, selon le site spécialisé SofaScore. Le gardien de l’USMA, Oussama Benbot, a obtenu la meilleure note de l’équipe type (7.7) après sa prestation remarquée lors du match retour face à l’Olympique Safi (1-1). L’équipe type comprend également trois autres joueurs de l’USMA : Hocine Dehiri, qui a décroché la deuxième meilleure note (7.4), Ahmed Khaldi, auteur du but de la qualification (7.1), ainsi que le Sénégalais Aimé Tendeng (7.0). De son côté, le défenseur du CR Belouizdad, Naoufel Khacef, figure dans ce Onze malgré l’élimination de son équipe face au Zamalek, avec une note de 6.8. L’USMA s’apprête ainsi à disputer la troisième finale continentale de son histoire contre la formation égyptienne d’Al Zamalek SC. Le club devient le premier représentant algérien à atteindre deux fois la finale de la Coupe de la Confédération dans sa nouvelle version, confirmant ainsi son statut grandissant sur la scène africaine.

