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Coupe de la Confédération africaine-Finale retour : L’USMA au Caire pour une deuxième étoile

L’USM Alger a rendez-vous avec l’histoire, samedi 16 mai 2026, au Stade international du Caire. Forts du précieux succès (1-0) arraché in extremis au stade du 5-Juillet lors de la manche aller, les Rouge et Noir affrontent le Zamalek SC avec une seule obsession : décrocher une deuxième Coupe de la Confédération africaine, trois ans après le sacre de 2023 face aux Young Africans de Dar es-Salaam.

Le contexte est connu, mais il vaut la peine d’être rappelé tant il concentre les enjeux. Le vainqueur de cette double confrontation remportera une récompense financière de quatre millions de dollars, contre deux millions pour le finaliste. Mais l’argent, dans les rues d’Alger comme dans celles du Caire, passe au second plan. C’est la suprématie footballistique nord-africaine qui est en jeu. Le match aller a posé les bases de cette finale dans le registre du thriller. Dans une rencontre très disputée et longtemps indécise, les Usmistes ont dû attendre les ultimes instants pour faire la différence. Alors que le Zamalek pensait ouvrir le score dans le temps additionnel, l’arbitre a finalement annulé le but après consultation de la VAR pour une faute préalable sur Hocine Dehiri. Dans la foulée, l’arbitre a accordé un penalty à l’USMA, transformé avec sang-froid par Ahmed Khaldi à la 97e minute. Un dénouement qui a libéré un stade, une ville, un pays entier, mais qui n’a pas effacé les lacunes affichées pendant 90 minutes. L’entraîneur usmiste Lamine N’Diaye est resté lucide : « Ce n’était pas notre meilleur match de la saison, il y avait beaucoup de déchets. Mais les joueurs ont compensé cela en y mettant du cœur et des tripes. C’est une victoire à l’arrachée grâce à leur abnégation. Nous avons accompli 50 % du travail, mais le Zamalek reste une grande équipe. »

Cette lucidité tranche avec l’euphorie qui a accompagné la soirée du 9 mai. Le technicien sénégalais, arrivé en cours de saison en provenance du TP Mazembe, sait que l’avantage d’un but ne constitue pas un bouclier. Lamine N’Diaye a rendu hommage à ses joueurs pour leur résilience, reconnaissant toutefois que le niveau de jeu collectif avait laissé à désirer : « les joueurs ont réussi à compenser ce mauvais rendement technique en y mettant du cœur. » Dans les couloirs du stade, le milieu de terrain Brahim Benzaza a été plus direct encore : « Cette finale aller s’est jouée chez nous et on savait pertinemment qu’il fallait en profiter au maximum pour prendre option, car conscients qu’au retour, ce sera probablement plus difficile. Il ne nous reste plus qu’à terminer le travail en Égypte. »

Son coéquipier Zakaria Draoui, lui, a choisi la prudence : « C’est une bonne chose que nous ayons remporté cette finale aller, même par un but à zéro. Mais il est encore trop tôt pour crier victoire, car ce n’était que la première partie du chemin. » Des mots qui sonnent comme une mise en garde interne. Personne, dans le vestiaire algérois, ne se fait d’illusion sur ce qui attend l’équipe au Caire. Un défi pour une équipe qui ne fait pas d’éclats en championnats, d’autant plus qu’elle a été tenue en échec mardi en match de mise à jour par l’ES Mostaganem, un club relégué en Ligue 2 ! Bien que le choix du staff rouge et noir et clair : la Coupe de la Confédération avant de jouer le maintien.

Et le Zamalek n’est pas venu à Alger pour s’incliner sans réaction. Son entraîneur, Moatamed Gamal, a pesé chaque mot après le coup de sifflet final, mêlant la frustration du résultat et la conviction que la manche retour restait ouverte. « Notre objectif lors de cette finale aller était de réussir un bon résultat qui nous permettrait de disputer le match retour en étant à l’aise. L’idéal pour nous était bien sûr de gagner, mais un nul aurait été également le bienvenu, car le plus important pour nous était d’éviter la défaite. Nous avons mieux joué que l’USMA et on s’est procuré plus d’occasions nettes. D’ailleurs, on aurait pu tuer le match dès la première mi-temps, mais la réussite n’était pas au rendez-vous. Malheureusement, notre équipe a été victime d’un terrible coup du sort. » Quelques jours après, sa posture s’est faite plus offensive. « Il y a une première mi-temps qui s’est terminée en Algérie, et il reste encore une mi-temps au Caire. Nous sommes très motivés pour rattraper ce retard et remporter le titre. Nous nous battrons jusqu’à la dernière minute pour gagner et remporter la Coupe CAF », a-t-il martelé.

Un match volcanique

Le Stade international du Caire promet une atmosphère volcanique, portée par près de 46 000 supporters décidés à pousser leur équipe vers un nouveau sacre continental. Ce cadre-là, l’USMA va devoir l’apprivoiser. La pression des tribunes cairotes est une réalité que le groupe de Lamine N’Diaye connaît bien, au moins théoriquement, mais qu’il n’a jamais affrontée dans un contexte aussi décisif. En face, les quelques milliers de fidèles usmistes attendus dans les tribunes devront faire entendre une ferveur minoritaire mais passionnée, dans un contexte où l’absence massive des supporters algériens pourrait peser sur l’équilibre émotionnel de cette affiche.

Du côté algérois, la lecture tactique de cette manche retour est assez claire. Le Zamalek sera obligé de passer davantage à l’offensif pour espérer rattraper son retard, ce qui donnera d’autres idées au coach N’Diaye pour bien négocier cette deuxième manche. Autrement dit : l’USMA pourrait choisir de s’appuyer sur son avantage au score, de laisser l’adversaire venir, puis de frapper dans les espaces. C’est précisément ce type de football qu’affectionne N’Diaye, homme de transitions et de discipline collective. Sa formation en 4-1-2-1-2, alignée au match aller, a prouvé qu’elle pouvait souffrir et résister. Il reste à savoir si elle peut le faire pendant 90 minutes dans un antre aussi hostile que le Caire.

L’enjeu sportif porte aussi une dimension historique. L’USM Alger vise un deuxième titre dans la compétition après son sacre de 2023 face aux Young Africans. Le Zamalek, de son côté, tentera de remporter une troisième Coupe de la Confédération après ses succès de 2019 et 2024. Deux clubs aux palmarès continentaux lourds, deux cultures du football radicalement différentes, mais une même obsession du titre. Pour atteindre cette finale, l’USM Alger a écarté San Pedro, le Djoliba AC, Maniema Union, puis l’Olympique Safi du Maroc en demi-finale, grâce à un match nul 1-1 à l’extérieur après un 0-0 à l’aller. Un parcours construit sur la rigueur défensive et les ressources nerveuses. Pas toujours beau. Souvent efficace.

C’est Pierre Atcho, arbitre gabonais, qui officiera samedi au Stade international du Caire, coup d’envoi à 19h00, heure algérienne. Un rendez-vous que tout un peuple attend depuis une semaine, retenant son souffle. Le penalty de Khaldi a offert une option. Il appartient désormais aux Rouge et Noir de la convertir en couronne.

Moncef Dahleb

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