L’entité sioniste instaure un tribunal d’exception pour les détenus de Ghaza : L’ONU et les ONG dénoncent un scandale !
Les organisations palestiniennes de défense des détenus ont sonné l’alarme mercredi après l’adoption par la Knesset (parlement israélien) d’une loi instaurant un tribunal d’exception destiné aux prisonniers de Ghaza impliqués dans les événements du 7 octobre 2023. Une mesure qui prévoit la peine de mort et que ces organisations qualifient de « nouveau maillon dangereux » dans un système colonial visant à couvrir juridiquement le génocide en cours contre le peuple palestinien. La Commission des affaires des détenus et des anciens détenus, le Club des prisonniers palestiniens et l’association Addameer ont réagi conjointement, selon l’agence de presse palestinienne Wafa. Pour ces trois organisations, la loi adoptée par le Parlement sioniste constitue « une violation flagrante des règles du droit international humanitaire, du droit international des droits de l’homme » et porte atteinte à des droits fondamentaux : le droit à la vie, le droit à un procès équitable, les garanties d’une procédure régulière et l’interdiction absolue de la torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants. Ce texte ne surgit pas dans le vide. Les organisations rappellent qu’il s’inscrit dans la continuité directe de ce qu’elles appellent « la loi d’exécution des prisonniers palestiniens », adoptée antérieurement par la même Knesset. Pour elles, il ne s’agit pas d’une mesure isolée mais de « la continuité d’une approche systémique visant à fournir une couverture juridique interne aux crimes internationaux commis contre le peuple palestinien ». En clair : ce que les bombes font à Ghaza, la loi le fait dans les prisons.
Car les témoignages qui remontent des centres de détention sionistes dressent un tableau accablant. Les organisations soulignent que des récits « horribles » continuent de documenter « la torture systématique, les crimes de famine, les crimes médicaux, l’isolement brutal, les agressions sexuelles et les politiques d’exécution lente » pratiquées dans les prisons et les camps. Les détenus de Ghaza, précisent-elles, constituent « une preuve vivante et directe des crimes commis contre les prisonniers palestiniens depuis plus de deux ans et demi ». Des pratiques qui, selon elles, s’apparentent à des crimes de guerre et à des crimes contre l’humanité, et représentent « un visage du génocide perpétré dans les prisons ».
Face à cette situation, les trois organisations formulent des demandes précises : l’ouverture d’enquêtes internationales indépendantes sur tous les crimes de torture et de mise à mort commis dans les lieux de détention, une pleine coopération avec la Cour pénale internationale et l’exécution des mandats d’arrêt déjà émis contre les responsables. Elles réclament également que le Comité international de la Croix-Rouge soit autorisé à rendre visite aux prisonniers et détenus palestiniens « sans aucune restriction, ni obstacle ».
À ce tableau politique et judiciaire vient s’ajouter un rapport de Médecins Sans Frontières publié mardi, qui documente la détérioration « dramatique » des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène dans la bande de Ghaza. Fondé sur des données recueillies entre janvier 2024 et décembre 2025, le rapport de l’ONG conclut que « la privation de la population de ces services essentiels n’est pas accidentelle, mais résulte de mesures systématiques ayant imposé des conditions de vie extrêmement difficiles à près de 2,1 millions d’habitants ». MSF, qui figure parmi les principaux fournisseurs d’eau dans l’enclave, produisait ou distribuait jusqu’au début 2026 environ 4,7 millions de litres par jour — des quantités qu’elle juge elle-même « insuffisantes face aux besoins grandissants de la population ». Les prix de l’eau fournie par le secteur privé ont entre-temps bondi de 500 %, la rendant hors de portée pour des familles dont les revenus se sont effondrés. Les systèmes d’évacuation des eaux usées sont quasiment à l’arrêt, le savon et les désinfectants ont disparu des marchés ou sont devenus inabordables. MSF parle d’une « crise humanitaire grandissante nécessitant une intervention urgente ».
L.S.

