Annaba séduit la presse étrangère : La « Perle de l’Est » dévoile ses trésors au monde
Une délégation de journalistes étrangers a visité, dimanche, les principaux sites patrimoniaux d’Annaba — les ruines d’Hippone, le musée archéologique et la Basilique Saint-Augustin — dans le cadre des préparatifs de la 25e édition du Salon International du Tourisme et des Voyages (SITEV 2026), organisée par la direction du Tourisme et de l’Artisanat de la wilaya.
Éblouis par la richesse du patrimoine annabi et la beauté des paysages dominés par la majestueuse basilique, plusieurs de ces professionnels des médias ont confié leur surprise devant une destination qu’ils jugent « méconnue » à l’international — une immersion culturelle qui pourrait offrir à l’Algérie une visibilité nouvelle sur la scène touristique mondiale. Accueillis dès leur arrivée à l’aéroport international Rabah-Bitat par les responsables locaux du secteur, les membres de la délégation ont pris la direction des célèbres ruines d’Hippone, haut lieu de mémoire de l’Algérie antique. L’émerveillement s’est rapidement lu sur les visages des visiteurs. Entre la beauté du littoral annabi, la richesse historique du site archéologique et l’atmosphère singulière qui règne sur cette ville méditerranéenne, plusieurs journalistes n’ont pas caché leur surprise devant un patrimoine qu’ils disent « méconnu » à l’international. Le musée d’Hippone, récemment rénové dans le cadre d’un vaste programme de restauration et de modernisation, a particulièrement captivé la délégation. Les visiteurs ont découvert des collections archéologiques d’une rare valeur, retraçant plusieurs siècles d’histoire nord-africaine. Deux pièces emblématiques ont retenu toute l’attention : le célèbre masque de « Gorgone » et la statue de « la Victoire », désormais mis en valeur par une nouvelle scénographie muséographique.
Le récit entourant le masque de « Gorgone » a suscité une vive curiosité parmi les journalistes étrangers. Cette pièce exceptionnelle, dérobée en 1996 sur le site archéologique d’Hippone, avait été retrouvée en 2011 dans la résidence du gendre de l’ancien président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali, au lendemain de la révolution tunisienne. Restituée à l’Algérie puis exposée plusieurs années au Musée national des antiquités d’Alger, elle a finalement regagné sa place d’origine à Annaba en 2021, après près d’un quart de siècle d’absence.
La visite s’est ensuite poursuivie vers la majestueuse Basilique Saint-Augustin, perchée sur les hauteurs de la ville et dominant la baie d’Annaba. Impressionnés par la splendeur architecturale de l’édifice, les journalistes ont multiplié photographies et séquences vidéo face à ce monument emblématique, qui incarne à lui seul le brassage culturel et historique de la région. Construite à la fin du XIXe siècle sur l’emplacement présumé de l’ancienne cathédrale de saint Augustin, la basilique demeure l’un des symboles spirituels et patrimoniaux les plus importants d’Algérie. La vue panoramique qu’elle offre sur la Méditerranée et la ville d’Annaba a suscité l’admiration générale au sein de la délégation.
Pour nombre de ces professionnels des médias, cette immersion dans le patrimoine annabi constitue une véritable révélation. Plusieurs d’entre eux ont souligné le potentiel considérable d’Annaba en matière de tourisme culturel, balnéaire et religieux, estimant que la ville possède tous les atouts pour devenir une destination méditerranéenne de premier plan.
Fondée par les Phéniciens avant de devenir l’une des plus prestigieuses cités de l’Afrique romaine, Hippone conserve encore aujourd’hui les traces d’une civilisation florissante. Forums, thermes, mosaïques et vestiges d’habitations rappellent le rayonnement de cette ville où vécut saint Augustin, figure majeure de la pensée chrétienne universelle. Au-delà de son caractère protocolaire, cette visite revêt une portée stratégique pour le secteur touristique national. À travers les reportages, images et témoignages qui seront relayés dans différents médias étrangers, l’Algérie entend améliorer sa visibilité internationale et valoriser un patrimoine encore largement sous-exploité sur le plan touristique. Cette opération de promotion intervient à un moment où les autorités cherchent à diversifier l’économie nationale en misant davantage sur le tourisme culturel et patrimonial. Annaba, avec son histoire, son littoral et ses sites emblématiques, apparaît comme l’une des vitrines les plus prometteuses du tourisme algérien.
La délégation poursuivra dans les prochains jours son programme de découverte avant de rejoindre Alger pour l’ouverture officielle du SITEV 2026, rendez-vous incontournable des professionnels du voyage et du tourisme — une occasion supplémentaire pour l’Algérie de démontrer que, derrière ses paysages et ses monuments, se cache une destination encore préservée, capable de séduire le monde par son authenticité, sa mémoire et son hospitalité.
Sofia Chahine

