Éducation nationale : Sadaoui engage l’école sur deux fronts
Alors que 877.035 élèves composaient mardi matin pour le Brevet d’enseignement moyen à travers l’ensemble du territoire national, le ministre de l’Éducation nationale a profité de sa tournée dans les wilayas de Djelfa et d’Aïn Oussara pour délivrer un double message : l’examen se déroule dans des conditions optimales, et l’école algérienne accélère sa modernisation. C’est depuis le lycée Chahid Bendif-Hafnaoui de Djelfa que Mohammed Seghir Sadaoui a officiellement ouvert les épreuves de la session 2026, en procédant à l’ouverture des plis du sujet de langue arabe en présence du wali Djahid Mous et de représentants des associations de parents d’élèves. La wilaya aligne à elle seule 23.952 candidats, dont 374 libres, répartis sur 80 centres encadrés par 1.191 personnels. À l’échelle nationale, 214.003 encadrants ont été mobilisés pour surveiller les épreuves, qui s’étalent jusqu’au 21 mai. Le ministre a été catégorique sur l’état du dispositif : «tous les moyens humains et matériels ont été mobilisés pour assurer le bon déroulement des épreuves de cet examen». Il a salué le niveau de rigueur atteint dans la sécurisation de la chaîne logistique, de la réception des sujets jusqu’aux centres de distribution et de regroupement. La lutte contre la fraude fait partie de cet arsenal : l’interdiction stricte des téléphones portables dans les centres d’examen a été réaffirmée, le ministère la classant parmi «les atteintes les plus graves à la crédibilité des examens nationaux».
L’égalité des chances a été au cœur des déclarations de Sadaoui. Il a détaillé la prise en charge des candidats les plus vulnérables : 777 candidats en situation de handicap moteur et 270 malvoyants participent à cette session, dans des centres aménagés selon les mêmes conditions organisationnelles, pédagogiques et sécuritaires que les centres ordinaires. «L’État accompagne ses enfants sans exception», a-t-il affirmé, ajoutant que ces efforts «reflètent le niveau d’intérêt accordé par le secteur de l’éducation nationale aux élèves malades».
De nouveaux établissements pour la rentrée
En milieu de journée, le ministre s’est rendu dans la wilaya nouvellement créée d’Aïn Oussara, où il a inauguré l’école primaire Moudjahid Belaïd-Hocine dans la commune de Had Sahary. L’occasion de rappeler que l’État a alloué des «enveloppes financières conséquentes» pour la construction de nouveaux établissements, afin d’absorber la hausse annuelle des effectifs. Sadaoui a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les différents acteurs chargés de ces réalisations et de les doter des moyens pédagogiques nécessaires pour «élever le niveau de performance et se mettre au diapason des évolutions touchant à ce domaine».
La formation continue des enseignants a également été placée au centre des priorités. Dans un contexte marqué par l’essor des technologies, le ministre a évoqué la nécessité d’«assurer un accompagnement efficace des élèves et leur orientation vers une utilisation optimale des nouvelles technologies, telles que l’intelligence artificielle, en veillant à la production de contenus constructifs qui contribuent à renforcer le patriotisme chez les jeunes générations». Une formulation qui dit beaucoup sur l’orientation que le ministère entend donner à la prochaine rentrée, dont les programmes sont en cours de finalisation avec une mise en avant des langues étrangères, des mathématiques et de l’intelligence artificielle. Sur le front du recrutement, le concours d’enseignants suit son calendrier via les plateformes numériques dédiées, «afin de garantir la transparence et l’intégrité», les lauréats étant ensuite orientés selon les besoins. La révision du statut du secteur, sujet sensible au sein de la communauté éducative, est en cours, le ministre ayant assuré que le secteur «œuvre à répondre aux aspirations» des personnels concernés.
Lyna Larbi

