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OMS : L’Algérie plaide pour une couverture sanitaire universelle

Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène, a reçu mardi à Genève, des mains du directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, le certificat officiel attestant l’élimination du trachome en tant que problème de santé publique en Algérie. La remise de cette distinction a eu lieu en marge de la 79e session de l’Assemblée mondiale de la Santé (AMS), qui se tient du 18 au 23 mai au siège de l’OMS, où le ministre a également pris la parole pour défendre l’accélération de la couverture sanitaire universelle face aux crises sanitaires mondiales. La certification contre le trachome — maladie bactérienne de l’œil qui demeure l’une des principales causes de cécité évitable dans le monde — couronne des décennies de programmes nationaux de prévention et de lutte contre les maladies tropicales négligées. Selon le communiqué du ministère de la Santé, cette reconnaissance internationale «traduit l’engagement de l’Algérie à répondre aux normes de santé publique les plus rigoureuses», après un travail de terrain conduit «à travers l’ensemble des wilayas du pays». Le document souligne que ce résultat «consolide la place de l’Algérie aux niveaux régional et international dans le domaine de la santé publique». Sur la tribune de l’AMS, Aït Messaoudène a situé cette avancée dans un contexte mondial tendu. «Les défis sanitaires inédits actuels, tels que les pandémies, les tensions géopolitiques et les urgences climatiques, ainsi que les disparités dans l’accès aux soins, nécessitent la conjugaison des efforts de tous», a-t-il déclaré, appelant à «l’accélération de la mise en place de la couverture sanitaire universelle, devenue une priorité stratégique urgente». Le ministre a appuyé son propos sur les résultats nationaux : une espérance de vie portée à 80 ans, les objectifs de développement durable liés à la santé maternelle et infantile atteints, les besoins en médicaments couverts par la production nationale, et «l’éradication de plusieurs maladies contagieuses».

Sur la question du financement et de la pérennité du système, il a précisé que l’Algérie poursuivra «la réforme de son système de santé, par le renforcement des infrastructures, le développement de la numérisation, la formation des ressources humaines et la promotion de la médecine de proximité», en maintenant la gratuité des soins et en accordant «une importance particulière à la prévention». Des engagements présentés comme la déclinaison concrète des «valeurs de l’OMS, fondées sur la solidarité et l’équité», auxquelles l’Algérie entend, selon lui, rester «fidèle».

Le ministre a par ailleurs exprimé «la profonde préoccupation» de son pays face à la situation en Palestine, dénonçant des «agressions incessantes ayant ciblé les civils, les infrastructures sanitaires et les staffs médicaux» dans les territoires occupés. L’Algérie demande à «garantir une protection urgente dans la région et à assurer l’acheminement de l’aide humanitaire et médicale sans entraves», a-t-il insisté depuis la tribune genevoise.

Sur le volet africain, Aït Messaoudène a réaffirmé «l’attachement de l’Algérie à sa politique africaine fondée sur la solidarité et le développement commun», dans le cadre d’une «coopération sanitaire effective s’inscrivant dans la vision de la coopération Sud-Sud». Ce dispositif passe notamment par l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement (AICA), créée sur instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

R.N.

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