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« RIPOST », première plateforme locale d’IA pour la veille stratégique : Un enjeu de souveraineté numérique

Une startup algérienne a lancé lundi soir à Alger une plateforme de veille stratégique basée sur l’intelligence artificielle, en présence de deux membres du gouvernement, signal que les pouvoirs publics entendent peser directement dans l’émergence d’un écosystème numérique souverain. C’est en marge de l’événement «L’Algérie à l’ère de l’intelligence artificielle», organisé par une startup nationale, que la plateforme «RIPOST» a été officiellement lancée. L’outil, conçu pour la veille stratégique, l’écoute sociale et la gestion de la réputation numérique, incarne ce que les autorités algériennes cherchent à encourager : des solutions locales à haute valeur ajoutée, capables de répondre à des besoins réels des entreprises et des institutions. La soirée s’est tenue en présence du ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, et du ministre de l’Économie de la connaissance, des Startups et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, ainsi que du président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Kamel Moula, et du PDG d’Algérie Télécom, Abdelghani Aït Saïd. Le parrainage d’Algérie Télécom n’est pas anodin. L’opérateur public s’est engagé dans le soutien à cette initiative dans le cadre de «son engagement constant à encourager les expertises nationales dans les technologies modernes» et de «sa politique de soutien aux initiatives locales à forte valeur ajoutée». Pour un groupe dont la mission première reste l’infrastructure réseau, ce positionnement sur l’écosystème startup traduit une évolution de rôle : de fournisseur de connectivité à acteur de la transformation numérique.

Dans son allocution, Zerrouki a situé son ministère au cœur de cette dynamique. Le secteur des télécommunications, a-t-il rappelé, est «pleinement engagé dans la construction de l’infrastructure de l’Algérie, qui est désormais leader en Afrique». Il a mis en avant le rôle des opérateurs économiques dans l’accompagnement des startups et salué les entrepreneurs qui «contribuent à la création de richesse et d’emplois, tout en apportant des solutions numériques qui permettent de relever les défis liés aux technologies modernes». Le ministre a également insisté sur «l’importance de la conjugaison des efforts entre les décideurs, les acteurs économiques, les experts et les start-up innovantes, pour assurer la souveraineté numérique nationale». La formule dit l’essentiel : la souveraineté numérique ne se décrète pas, elle se construit par la convergence des acteurs.

L’enjeu derrière RIPOST dépasse le seul produit. Une plateforme de veille stratégique alimentée par l’IA représente un outil de pouvoir informationnel. Administrations, entreprises publiques, groupes privés : tous sont demandeurs de capacités d’analyse en temps réel des flux d’information, de détection des tendances, de gestion de leur image en ligne. Jusqu’ici, ce marché était largement occupé par des solutions étrangères. Qu’une startup algérienne propose une alternative locale constitue un fait industriel, pas seulement une démonstration technologique.

C’est précisément ce type de trajectoire que le ministère de l’Économie de la connaissance cherche à multiplier. La présence de Ouadah à cette soirée s’inscrit dans cette logique : accompagner les startups au-delà de l’incubation, jusqu’au moment où elles accèdent au marché avec des produits matures. L’écosystème algérien des startups a connu une montée en cadence notable ces dernières années, portée par des dispositifs de financement, des labels et une volonté politique affichée. RIPOST illustre que cette politique commence à produire des résultats tangibles.

La représentation de plusieurs entreprises nationales à cet événement indique par ailleurs que la demande existe. Les grandes structures, publiques comme privées, cherchent des outils pour naviguer dans un environnement informationnel de plus en plus complexe. RIPOST ouvre ainsi la voie à d’autres solutions locales dans des domaines où la dépendance aux plateformes étrangères reste problématique.

Malik Meziane

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