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Hydrocarbures : Skikda propulse l’Algérie au deuxième rang du raffinage africain

La raffinerie de Skikda place l’Algérie au deuxième rang des plus grandes capacités de raffinage du continent africain. Avec une capacité de traitement de 355 000 barils par jour, cette infrastructure stratégique ne le cède qu’à la seule raffinerie Dangote du Nigeria, confirmant le rôle de l’Algérie dans la transformation industrielle des hydrocarbures et consolidant sa position sur les marchés énergétiques régionaux et internationaux.

C’est ce que révèle un récent rapport sectoriel s’appuyant sur les dernières données de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Selon ce document, l’Algérie occupe désormais la deuxième place du classement des plus importantes raffineries d’Afrique grâce aux performances de la raffinerie de Skikda, dont la capacité de traitement atteint 355 000 barils de pétrole par jour. Cette infrastructure se positionne juste derrière la raffinerie Dangote au Nigeria, qui domine le continent avec une capacité de 650 000 barils quotidiens. La raffinerie algérienne devance ainsi plusieurs grandes installations du secteur énergétique africain : la raffinerie Sasol en Afrique du Sud avec 250 000 barils par jour, celle de Ras Lanouf en Libye avec 220 000 barils par jour, ainsi que la raffinerie de Port Harcourt au Nigeria, d’une capacité de 210 000 barils par jour.

Au-delà de son rang dans le classement continental, la raffinerie de Skikda constitue un maillon essentiel de la sécurité énergétique nationale. Représentant près de la moitié des capacités de raffinage du pays, elle assure une large part de l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers raffinés, notamment l’essence, le gasoil, le kérosène et le bitume.

Cette performance prend une importance particulière dans un contexte où de nombreux pays africains continuent de faire face à un décalage important entre leurs capacités d’extraction et celles de transformation industrielle. Malgré des réserves pétrolières estimées à près de 119 milliards de barils à l’échelle du continent, l’Afrique demeure largement dépendante des importations de produits raffinés pour satisfaire ses besoins énergétiques. Grâce à ses investissements dans les infrastructures de transformation, l’Algérie dispose aujourd’hui d’un avantage concurrentiel significatif.

Les données du secteur indiquent que 52 % de la production des raffineries de Sonatrach sont destinés à couvrir les besoins du marché intérieur, tandis que les 48 % restants alimentent les exportations, contribuant ainsi à la diversification des recettes du pays et à la réduction de la facture des importations de carburants. L’Algérie déploie un plan d’investissement de 7 milliards de dollars sur la période 2025-2029 pour moderniser son outil de raffinage et maximiser la transformation pétrochimique. L’objectif principal de la Sonatrach est de faire passer le taux de transformation du pétrole brut de 32 % à 53 % à l’horizon 2030.  Grâce à ses 6 raffineries principales (Skikda, Arzew, Alger, Hassi Messaoud et Adrar), le pays affiche une capacité actuelle de près de 677 000 barils par jour et vise une expansion majeure à court terme, notamment grâce à la réalisation de la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud dont la mise en service est prévue pour 2027.

Parallèlement, d’autres acteurs africains poursuivent leurs efforts de modernisation. Au Nigeria, la raffinerie de Port Harcourt conserve sa place parmi les principales infrastructures du continent, malgré des contraintes techniques ayant longtemps limité son taux d’exploitation. De son côté, l’Égypte confirme sa position parmi les leaders africains grâce à l’importance de ses capacités globales de raffinage.

Les spécialistes du secteur s’accordent à considérer que la compétitivité énergétique ne repose plus uniquement sur l’abondance des réserves pétrolières. Elle dépend désormais de la capacité des États à moderniser leurs unités industrielles, à améliorer les performances opérationnelles de leurs raffineries et à développer des chaînes de valeur intégrées associant raffinage, pétrochimie et exportation. La montée en puissance de la raffinerie de Skikda illustre cette réalité : la richesse énergétique du XXIe siècle ne se mesure plus seulement à la quantité de pétrole extraite du sous-sol, mais aussi à la capacité de le transformer localement en valeur ajoutée, en emplois et en opportunités de développement durable.

Sofia Chahine

admin

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