Renouvellement du parc national de transport : Les banques publiques ouvrent le robinet du crédit pour les bus neufs
Les banques publiques accélèrent leur mobilisation en faveur du renouvellement du parc national de transport de voyageurs. Après la Banque extérieure d’Algérie, c’est au tour de la Banque de l’agriculture et du développement rural d’annoncer un nouveau produit destiné aux transporteurs souhaitant acquérir des bus neufs, une offensive bancaire qui accompagne l’opération de retrait des véhicules vétustes engagée cet été sur instruction du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports.
Dans un communiqué publié mercredi, la BADR a annoncé le lancement d’un produit financier « pouvant atteindre 90 % du coût d’acquisition du bus, toutes taxes comprises, avec une contribution personnelle du bénéficiaire de 10 % du prix d’achat en plus d’un soutien de l’État à hauteur de 20 % ». Ce financement, précise la banque, est proposé aussi bien en formule classique qu’en finance islamique via la mourabaha, avec une durée de remboursement de dix ans et un différé fixé à six mois. La banque publique explique que cette initiative « s’inscrit dans la politique de la banque visant à accompagner les opérateurs économiques et les professionnels dans différents secteurs, en leur offrant des solutions de financement adaptées à leurs besoins ». Elle ajoute que le produit répond « aux exigences de modernisation des moyens de transport et d’amélioration de la qualité du service », en ciblant les transporteurs privés souhaitant remplacer leurs anciens véhicules.
La BADR n’est pas seule sur ce créneau. La Banque nationale d’Algérie a elle aussi mis en place un dispositif similaire dans le cadre du programme national d’acquisition de 10 000 bus, avec un financement pouvant couvrir jusqu’à 90 % de la valeur du véhicule et un taux d’intérêt de 5,5 %. La BEA avait ouvert le bal quelques jours plus tôt en annonçant un crédit d’investissement aux mêmes conditions, réservé aux transporteurs disposant d’une attestation d’éligibilité délivrée par le ministère de l’Intérieur ainsi que des autorisations d’exploitation requises.
Cette mobilisation bancaire s’inscrit dans le prolongement de la décision prise en mai dernier par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, ordonnant le retrait du parc national de tous les bus âgés de plus de 25 ans dans un délai de trois mois. Une mesure survenue sur fond de multiplication des accidents impliquant des véhicules vétustes, du drame de l’Oued El Harrach en août 2025, qui avait fait 18 morts, à celui de Boumerdès fin juillet dernier, qui a coûté la vie à 28 personnes. Sur le terrain, les directions des transports de wilaya ont déjà entamé le retrait des bus de plus de 30 ans, première étape d’un programme touchant à terme plus de 84 000 véhicules. À Alger, les transporteurs concernés avaient jusqu’au 21 août pour déposer leur dossier de renouvellement, sous peine de voir leurs bus définitivement retirés de la circulation, un ultimatum que d’autres wilayas ont reproduit selon des échéances similaires.
Lyna Larbi

